{"id":4204,"date":"2024-08-18T11:28:19","date_gmt":"2024-08-18T09:28:19","guid":{"rendered":"https:\/\/maisontabga.com\/thierrylecomte\/?page_id=4204"},"modified":"2025-12-25T11:59:55","modified_gmt":"2025-12-25T10:59:55","slug":"aphorismes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/maisontabga.com\/thierrylecomte\/aphorismes\/","title":{"rendered":"Aphorismes et p\u00e9rils"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 48px;\">Aphorismes et p\u00e9rils<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<h1>\u00c9clats de SEP<\/h1>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 La bonne sant\u00e9, silence des organes, l&rsquo;art de n&rsquo;y pas penser, n&rsquo;appara\u00eet que sous la forme du regret.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Sep impose une <em>disputatio<\/em> incessante entre soi et le deuil de soi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Sep intensifie l&rsquo;existence. Actualisant vie <em>et<\/em> mort ensemble m\u00eal\u00e9es, le malade est un \u00eatre quantique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Ils travaillent, parlent et s&rsquo;agitent <em>jusqu&rsquo;\u00e0 <\/em>\u00e9puisement, cet \u00e9puisement <em>\u00e0 partir duquel<\/em> le s\u00e9pien compose. Chacun d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re, peut-on envisager formes de vie plus disparates ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Sep en pente douce. J&rsquo;ai esp\u00e9r\u00e9 malheur plus grandiose, mais je demeure lent, lourd et m\u00e9diocre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 L&rsquo;h\u00f4pital est parfois peu hospitalier. Aux Urgences, il ne faut pas \u00eatre press\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 \u00c9trange maladie que de vouloir <em>absolument<\/em> nous soigner.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Vu mon \u00e9tat, la maladie se porte bien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Sep ou le double exil, loin de soi, loin des autres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Il y a loin entre un philosophe qui parle de la maladie et un philosophe malade.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Avec la maladie la mort devient d\u00e9sirable. Cette r\u00e9conciliation n&rsquo;est pas la moindre des b\u00e9atitudes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Appeler la compassion, demander de partager sa souffrance et faire participer un innocent \u00e0 un mal \u00e9tranger, lui transmettre la maladie en quelque sorte, cela ressemble \u00e0 une app\u00e9tence sadique, non ? Ou pire, une vengeance dissimul\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 L&rsquo;inconsolable peut-il encore consoler ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Personne n&rsquo;h\u00e9ritera de mes douleurs. J&rsquo;en ai des coffres pleins.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 La SEP investit \u00e0 long terme. Placement s\u00fbr, faible rentabilit\u00e9, strat\u00e9gie de notaire en province.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 La SEP rend sage. Mais Hegel a raison. La sagesse ne sert \u00e0 rien quant \u00e0 l&rsquo;action. Tard sera toujours trop tard.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Depuis la maladie, je suis nostalgique de ce dont j&rsquo;estime avoir \u00e9t\u00e9 <em>d\u00e9poss\u00e9d\u00e9<\/em>. Si pas la SEP, alors ceci, cela. Ce d\u00e9lire est mortif\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 SEP de la langue. Quelques mots s&rsquo;agitent. Les formes verbales se d\u00e9r\u00e8glent. La syntaxe se m\u00e9lange les pinceaux. Trop fatigu\u00e9es, certaines syllabes restent couch\u00e9es. Apr\u00e8s bien des efforts, tout se tait. Ce silence sera grand.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 L&rsquo;absurde de ma SEP outrepasse les philosophies de l&rsquo;absurde. Elle n&rsquo;en laisse que ruines.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le malade vit autrement. Vit-il moins ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Je suis fatigu\u00e9 d&rsquo;expliquer comme je suis fatigu\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 \u00ab <em>Pour moi, la vie, c&rsquo;est mort.<\/em>\u00bb (propos de salle d&rsquo;attente)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le d\u00e9but de la joie consiste \u00e0 accepter la non-gu\u00e9rison.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Dehors, les oiseaux volent dans le ciel infini. Les poissons nagent dans l\u2019eau claire. Les renards courent \u00e0 l\u2019or\u00e9e des bois multicolores. Je me tra\u00eene comme un cafard dans une chambre astiqu\u00e9e et proprette.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<h1>S<span style=\"color: #993300; font-size: 24px;\"><em>e<\/em><\/span>piritualit\u00e9<\/h1>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le chr\u00e9tien sait qui engueuler. Je plains l\u2019ath\u00e9e. Insulter le hasard\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Il semble illogique de tenir les deux propositions suivantes : nous ne connaissons pas l\u2019origine du mal ; Dieu n\u2019est pas \u00e0 l\u2019origine du mal.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Si le Christ n\u2019a pas r\u00e9pondu \u00e0 la question de l\u2019origine du mal et de la souffrance, il n\u2019a pas r\u00e9pondu \u00e0 la principale interrogation humaine. Pourquoi ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 \u00c9puis\u00e9 par la maladie, je savoure la parole in\u00e9puisable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Avec SEP, je suis Bartim\u00e9e.\u00a0 Je m\u2019assois sur le bord de la route, \u00e0 la sortie de la ville, J\u00e9richo, ville premi\u00e8re de la conqu\u00eate en terre promise, celle de notre commune d\u00e9faite. Je mendie. Si le messie passe, j\u2019entendrai la foule et le remue-m\u00e9nage. Je crierai \u00ab <span style=\"color: #993300;\"><em>Fils de David, aie piti\u00e9 de moi<\/em>\u00a0<\/span>\u00bb. Que dire d\u2019autre ? Quelle importance ? Il ne m\u2019entendra pas. Son chemin est tiss\u00e9 de nos chemins. Ils sont tant autour de lui. Il a tant \u00e0 faire. Il passera sans me voir, comme les autres. Je pourrai mourir en paix. On jettera ma carcasse dans le foss\u00e9, avec les chiens. J\u2019y serai bien. J\u2019ai toujours aim\u00e9 les chiens. Ils l\u00e8chent les plaies des pauvres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 La consolation du n\u00e9ant serait de ne plus souffrir. Mais ce \u00ab <em>ne plus<\/em> \u00bb pose question et suffit pour abolir l\u2019id\u00e9e de n\u00e9ant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Si tout va bien, je m\u2019angoisse. Quel d\u00e9sagr\u00e9ment \u00e0 venir ? La maladie me rassure. Elle gu\u00e9rit mon anxi\u00e9t\u00e9. Heureuse catastrophe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 J\u2019exp\u00e9rimente une certaine grandeur d\u2019\u00e2me pour entrer dans la d\u00e9cadence de soi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 En acceptant l\u2019In\u00e9luctable, tu rendras sa juste place \u00e0 l\u2019Impossible.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le Christ ressuscite avec les marques du martyre. Vais-je ressuscit\u00e9 avec les marques de la SEP ? Serons nous \u00ab\u00a0<span style=\"color: #993300;\"><em>comme des anges<\/em>\u00a0<\/span>\u00bb (<em>Mc<\/em>\u00a0<strong>12<\/strong>, 25 \/\/), sans souvenir de ces tracas corporels ? J\u2019entrevois le ridicule de ces questions. Je ne vois pas comment ne pas les poser.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le paradis est perdu ou invisible. On y passe et c\u2019est trop tard. Il appara\u00eet quand on s\u2019en \u00e9loigne. Celui qui dit \u00ab\u00a0<em>c\u2019est le paradis<\/em>\u00a0\u00bb d\u00e9signe une id\u00e9e du paradis. Une id\u00e9e du paradis n\u2019est pas le paradis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Sur la Croix, le Christ fait ce qu\u2019il peut. Il demande au P\u00e8re : \u00ab\u00a0<span style=\"color: #993300;\"><em>Pardonne-leur.<\/em>\u00a0<\/span>\u00bb Sous-entendu : \u00ab Fais le boulot, moi je ne le puis pas.\u00bb Et il devient platonicien : \u00ab\u00a0<span style=\"color: #993300;\"><em>Ils ne savent pas ce qu\u2019ils font.<\/em><\/span>\u00bb Ce non-savoir les sauve. Je prie : \u00ab\u00a0<em>SEP, donne-moi le non-savoir.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 L\u2019ermitage que m\u2019impose la maladie est un avant-poste de la joie paradoxale. Thierry l\u2019ermite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Comme pr\u00eatre, je pr\u00e9f\u00e8re mourir au milieu des p\u00e9cheurs, que vivre au milieu des purs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 J\u2019ai cru devenir sage en distinguant la mort de la vie, pour la placer en regard de la naissance. La mort comme naissance \u00e0 rebours. J\u2019en doute aujourd\u2019hui. Les entr\u00e9es valent-elles les sorties ? La mort qui abolit n\u2019est-elle pas diff\u00e9rente par essence de la naissance qui institue ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Ma lourdeur d\u2019\u00e9l\u00e9phant sera planche de salut. Ma fatigue de marteau-pilon sera grande vigueur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 \u00c9trange sentiment que d\u2019\u00eatre malade et de porter en soi le rem\u00e8de du monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Il y a dans la maladie un chemin rebours qui rapproche de la mort, entendez de cette grande singularit\u00e9 de l\u2019existence engloutie, le N\u00e9ant-Dieu, celui de Ma\u00eetre Eckhart. Glisser lentement dans ce champ de force n\u2019est pas sans attrait ni d\u00e9lices.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Comme critique des anciens points de vue (le moi, le bonheur, les devoirs, etc.), la SEP me pr\u00e9pare \u00e0 la critique de\u00a0<em>tous<\/em>\u00a0les points de vue, jusqu\u2019\u00e0 accepter leurs abolitions.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 La SEP ressemble au Dieu d\u2019ISRA\u00cbL : jalousie, exclusivit\u00e9 radicale, injonction \u00e0 la vie partag\u00e9e, en particulier par l\u2019observance absolue de\u00a0<em>sa<\/em> Loi. Nietzsche en d\u00e9duirait l\u2019aspect pathologique de cette croyance. J\u2019y vois plut\u00f4t l\u2019indice d\u2019une profondeur vitale qui la situe au c\u0153ur du r\u00e9el, tiers chemin entre fantasme et mort.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Gr\u00e2ce \u00e0 la SEP, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 par cette v\u00e9rit\u00e9 insupportable : tout ce qui existe est mortel, ou en train de mourir, ou tout ce qui existe est <em>d\u00e9j\u00e0 mort<\/em>. Pourquoi cette pens\u00e9e m\u2019a-t-elle apport\u00e9 plus de joie et d\u2019esp\u00e9rance que de tristesse et d\u2019angoisse ? Pourquoi\u00a0<em>vit<\/em>-elle en moi comme une lib\u00e9ration ? Pourquoi a-t-elle apais\u00e9 mon existence ? Suis-je devenu capable de saluer\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Cantique_des_cr%C3%A9atures\">la mort corporelle<\/a>\u00a0comme ma s\u0153ur bien-aim\u00e9e ? Suis-je r\u00e9concili\u00e9 et d\u00e9j\u00e0\u00a0<em>vivant d\u2019\u00e9ternit\u00e9<\/em>\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Autre d\u00e9couverte : La mort est l\u2019\u00e9tat final du vivant, le constat du \u00ab plus en vie \u00bb. Rien ne meurt qui ne fut vivant. La mort n\u2019est donc pas absolue. Elle doit \u00eatre distingu\u00e9e du n\u00e9ant. Elle ne nie pas la vie. Elle travaille \u00e0 un autre niveau, en dessous si j\u2019ose dire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le prix de la gr\u00e2ce est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, exorbitant. Il n\u2019est pas s\u00fbr que nous puissions l\u2019honorer. C\u2019est pourquoi il n\u2019est pas impossible que ce soit le dieu lui-m\u00eame qui s\u2019en acquitte, par exemple en nous demandant pardon.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 L\u2019homo s\u00e9pien d\u00e9couvre sa nudit\u00e9, se cache et dispara\u00eet aux yeux du monde. \u00c0 Lourdes, le temps d\u2019un p\u00e8lerinage, on l\u2019habille. Il sort alors \u00e0 la lumi\u00e8re recouvr\u00e9e. Exposition et d\u00e9ambulation du Saint-Sacrement : la cohorte des malades. Miracle en procession aux flambeaux. Cela ne dure pas. Il faut rentrer. C\u2019\u00e9tait dr\u00f4le, \u00e9tant sauf le go\u00fbt amer des sermons \u00e9piscopaux, amphigouriques et ridicules.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Aimer les pauvres, c\u2019est s\u2019aimer soi-m\u00eame. Qui n\u2019est pas pauvre ? Aimer ses ennemis, c\u2019est s\u2019aimer soi-m\u00eame. Qui n\u2019est pas son ennemi ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 La mort disperse, l\u2019amour rassemble.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Avec les douleurs de la maladie, les figures symphoniques du divin perdu : Dieu cach\u00e9, absent, en col\u00e8re, en voyage, mort, fable, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Les pauvres, les malades, les mal foutus, sont aim\u00e9s de Dieu. Quelle b\u00e9n\u00e9diction ! Les riches, les puissants, les\u00a0<em>grands<\/em>\u00a0de ce monde travaillent \u00e0 \u00eatre aim\u00e9s de Dieu. Quelle sin\u00e9cure !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 L\u2019id\u00e9e de mati\u00e8re est encore plus floue que celle de Dieu, peu claire. Comment penser le changement si tout est mati\u00e8re ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<h1>Nature<\/h1>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, rien. Demain, on verra bien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La vie c&rsquo;est passionnant, mais on n&rsquo;y comprend rien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est parce qu&rsquo;il faut bien vivre que l&rsquo;on cherche \u00e0 vivre bien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La faim rend toute nourriture d\u00e9licieuse. Les asc\u00e8tes font des festins de soupe et de f\u00e8ves.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le vrai riche n\u2019a pas l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre pauvre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ne pas innover, voil\u00e0 du nouveau !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019<em>homo sapiens <\/em>semble mal embranch\u00e9, puisque le m\u00e2le est fait.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les EHPAD sont aussi des orphelinats.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au r\u00e9veil j\u2019envisage le n\u00e9ant de la mort. Je me rendors.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les machines, les puissants comme les dieux n\u2019aiment pas que nous leur \u00e9chappions.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence des sexes est un ravin qu\u2019il nous faut combler avec des mots maladroits.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019indiff\u00e9rence de la nature devrait nous alerter.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le \u00ab \u00e0 jamais \u00bb de la mort embrasse le \u00ab pour toujours \u00bb de l&rsquo;amour.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019arbre ne voyage pas ; il \u00e9coute le vent passe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019humain qui meurt \u00e9met-il une particule spirituelle ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tout a une fin sauf la mort. Curieux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Impossible de parler \u00e0 une fourmi. Trop occup\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les chefs arrivent, r\u00e8glent les probl\u00e8mes et s\u2019en vont, apr\u00e8s en avoir cr\u00e9\u00e9 d\u2019autres. Ils reviendront donc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Descartes, un philosophe \u00e0 po\u00eale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Autochtones ou avant-derniers envahisseurs ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On voit bien que la nature n\u2019y arrive pas. Elle cherche.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tout excit\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e de jouir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si les animaux pouvaient picoler, ils seraient bourr\u00e9s du soir au matin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La mort ressemble \u00e0 un cabinet de curiosit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J\u2019aime le mot <em>vestibule<\/em>, mais moins que <em>libellule.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il s\u2019entendit le dire, mais ne se voyait pas le faire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le chat, assis derri\u00e8re sa vitre, contemple la rue. Le chat et la vitre, deux silences glac\u00e9s, amis complices de nos soci\u00e9t\u00e9s de surveillance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab <em>Philosopher, c\u2019est apprendre \u00e0 mourir.<\/em>\u00a0\u00bb Doit-on apprendre ce que l\u2019on sait\u00a0d\u00e9j\u00e0 ? Qui pourrait \u00e9chouer \u00e0 mourir\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En fran\u00e7ais, \u00ab <em>pour toujours<\/em>\u00a0\u00bb voisine \u00ab\u00a0<em>\u00e0 jamais\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D\u00e8s que j\u2019entends \u00ab <em>les Lumi\u00e8res<\/em>\u00a0\u00bb, j\u2019\u00e9teins.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au ras de la vie, d&rsquo;\u00e9tranges ph\u00e9nom\u00e8nes. Au ras des mots, des sens inattendus. Quand tout s&rsquo;abaisse, un monde nouveau s&rsquo;ouvre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab <em>Nous sommes sur terre pour profiter de la vie.<\/em> \u00bb Le profit, partout.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le silence et la solitude sont drogues dures.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le \u00ab progr\u00e8s \u00bb permet des choses et en interdit d&rsquo;autres. Quel bilan ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Difficile de croire \u00e0 la th\u00e9orie de la s\u00e9lection naturelle quand tu regardes une poule.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On devrait mourir dix minutes, pour essayer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce soir, j&rsquo;envie ces \u00eatres et ces peuples qui pensent avoir raison parce qu&rsquo;ils sont heureux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent je n&rsquo;ai tu\u00e9 personne puisque je n&rsquo;ai engendr\u00e9 personne. Eunuque, innocent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous dirons \u00ab <em>une affaire de robots<\/em> \u00bb comme les bourgeois discouraient hier d&rsquo;\u00ab <em>histoires de bonnes femmes<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c9trange d\u00e9lire \u00e0 <em>d\u00e9voiler<\/em> les apparences. Derri\u00e8re les apparences, d&rsquo;autres apparences.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Conversation avec une \u00e9quipe de gens au projet <em>g\u00e9n\u00e9reux<\/em> et aux c\u0153urs secs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un mauvais livre \u00e9crit par un humain sera-t-il pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 un bon livre \u00e9crit par un robot ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans ce monde volatile, il est \u00e9trange que la mort soit si certaine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tout exercice du pouvoir est une d\u00e9voration.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous pensons chaque jour \u00e0 certains morts. Nous pouvions les oublier vivants des semaines enti\u00e8res.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ils appellent cela talent, travail, m\u00e9rite, vertu, r\u00e9compense. On aurait pu autant dire chance, charme, privil\u00e8ge, beaut\u00e9, hasard, dentition parfaite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pourquoi garder souvenir si la mort va tout engloutir ? Oublions ! La mort peut-\u00eatre nous oubliera.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les mat\u00e9rialistes qui aiment, aiment-ils seulement la mati\u00e8re ? Les spiritualistes qui aiment, aiment-ils seulement un esprit ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Rimbaud, par grandeur morale, a consenti au fade pour fuir le f\u00e9roce, choix antitotalitaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les plantes ont-elles peur la nuit ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Parlons bonheur. Si l&rsquo;humain n&rsquo;y arrive pas, si personne jamais n&rsquo;y est arriv\u00e9, cela signifie sans doute que cela est impossible en l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le plaisir du casino est li\u00e9 \u00e0 la certitude de la perte. Il en va ainsi de la vie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce qui vit : na\u00eetre, survivre, se reproduire, jouir, souffrir, mourir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mieux vaut tard que jamais. Mieux vaut jamais que trop tard.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>N\u00e9ant-Vie-Plus rien. Cette s\u00e9quence \u00e9tonne et inqui\u00e8te.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il planta ses doigts gourds dans la terre du po\u00e8me et sa joie Reverdy.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J&rsquo;envisage de plus en plus mon existence actuelle comme un stage <em>Erasmus<\/em> dans un pays \u00e9tranger.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<h1>Spiritualit\u00e9<\/h1>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 L\u2019\u00e9ternit\u00e9 n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 \u00ab\u00a0<em>Je n\u2019ai pas vu la vie passer<\/em>\u00a0\u00bb. En nous la vie passe. D\u2019o\u00f9 vient-elle ? O\u00f9 va-t-elle ? Quel est son projet ? Cet \u00e9coulement d\u2019un instant, crue et d\u00e9crue, conscience de ce transport, serait-il notre condition ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 De ma vie je n\u2019ai rien fait, et j\u2019ai bien fait. Une r\u00e9ussite en somme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Priorit\u00e9 pastorale : \u00e9vang\u00e9liser l\u2019intelligence artificielle, comme Paul \u00e9vang\u00e9lisa les Grecs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le d\u00e9r\u00e8glement climatique est la cons\u00e9quence d\u2019un d\u00e9r\u00e8glement psychique. Pour traiter l\u2019un, soigner l\u2019autre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666\u00a0 Le Christ \u00e9choue compl\u00e8tement. Seul un dieu peut autant rater. En lui seul j\u2019ai confiance. Je suis ath\u00e9e des autres et je vomis leurs clerg\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Pas d\u2018enclos. Le r\u00e9el est ouvert sur un gouffre b\u00e9ant, m\u2019en d\u00e9plaise. J\u2019appelle cela de mots compliqu\u00e9s. Cela rassure, cr\u00e9e un enclos de mots, dernier espoir. Puis la mort abolit les mots, brise l\u2019enclos et le dernier espoir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Celui qui est seul ne le sait pas. Car \u00ab\u00a0<em>pour se sentir seul, il faut au moins attendre quelqu\u2019un.\u00a0<\/em>\u00bb<sup>1<\/sup>\u00a0Dieu s\u2019est-il ainsi d\u00e9couvert solitaire quand il partit \u00e0 la recherche de l\u2019humain ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Chacun chez soi et le Dieu des arm\u00e9es pour tous. Un Dieu d\u00e9sarm\u00e9, quelle id\u00e9e ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Les chemins de Dieu sont tortueux comme les troncs noueux des vieux oliviers.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 La venue du messie n\u2019abolit pas son attente, elle l\u2019attise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le verset de la B\u00eate, J<em>n<\/em>\u00a0<strong>6<\/strong>,66\u00a0: \u00ab\u00a0<em>\u00c0 partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s\u2019en retourn\u00e8rent et cess\u00e8rent de l\u2019accompagner.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 J\u2019attends Dieu, j\u2019attends la mort, attentes symphoniques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 \u00c9vangile, un certain chemin \u00e0 travers l\u2019immense vacuit\u00e9 du monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 P\u00e9ch\u00e9 d\u2019origine ou force d\u2019inertie d\u2019une esp\u00e8ce malade ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Dieu n\u2019est pas consolation, mais lumi\u00e8re (Simone Weil). Vrai, comme est vraie la question que cette phrase inspire \u00e0 Simon Leys : la lumi\u00e8re n\u2019est-elle pas consolation ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le Dieu chr\u00e9tien est discret car il est timide.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 \u00ab\u00a0<em>Puis il prit la main tendue de la jeune fille et ils rest\u00e8rent l\u00e0, debout, l\u2019un devant l\u2019autre, \u00e9touff\u00e9s comme par une grande nouvelle qui ne pouvait pas se dire.<\/em>\u00a0\u00bb<sup>2<\/sup>\u00a0L\u2019\u00c9glise, \u00e9touff\u00e9e par l\u2019\u00e9vangile qui ne peut plus se dire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 La g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 \u00e9gocentr\u00e9e. L\u2019amour qui n\u2019aime pas. Le don de soi mis en sc\u00e8ne. Se donner aux autres, mais pour soi. Tout donner mais retenir le don. Le plus ardu n\u2019est pas de tout donner, mais de donner le don.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Dieu \u00e9choue pour que l\u2019homme r\u00e9ussisse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Se perdre pour se laisser trouver.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 On ne peut saisir ce qui nous saisit. On ne peut saisir l\u2019insaisissable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Ressusciter l\u2019id\u00e9e morte de r\u00e9surrection. L\u2019inventer comme on invente un tr\u00e9sor.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le saint ne s\u00e9duit pas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 J\u2019\u00e9coute un idiot\u00a0 r\u00e9citer son mantra :\u00a0<em>\u00ab\u00a0La religion est une invention de l\u2019homme pour se rassurer.\u00a0<\/em>\u00bb Je pense : le capitalisme est une invention de l\u2019homme pour se rassurer avec des objets idiots ; le langage est une invention de l\u2019homme pour se rassurer dans la for\u00eat obscure ; l\u2019art est une invention de l\u2019homme pour se rassurer et croire vivre plus. Toute chose humaine n\u2019est qu\u2019une invention de l\u2019homme pour se rassurer. Ce que j\u2019\u00e9cris ici et maintenant, je l\u2019\u00e9cris pour me rassurer. Me voici rassur\u00e9. L\u2019idiot avait raison.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 \u00c9tant soudain toute chose, je crus r\u00e9gresser vers une vie ant\u00e9rieure. Grande fut ma surprise quand je d\u00e9couvris avoir progress\u00e9 vers une vie post\u00e9rieure.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Celui qui veut voir doit \u00eatre vu. Tel est vu qui croyait voir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 En r\u00e9gime d\u2019incarnation,\u00a0<em>Dieu\u00a0<\/em>s\u2019adapte. Ce mod\u00e8le est contraignant pour la pastorale et pour le minist\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Internet r\u00e9alise l\u2019irr\u00e9el \u00e0 mesure qu\u2019il d\u00e9r\u00e9alise le r\u00e9el. Jeu \u00e0 somme nulle, nouvel exode.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Comment croire\u00a0<em>s\u00e9rieusement<\/em>\u00a0\u00e0 la r\u00e9surrection si l\u2019on n\u2019accepte pas la mort telle qu\u2019elle est. Ne ressuscite que les morts complets. Encore faut-il qu\u2019il nous connaisse, qu\u2019il y ait trace de nous (un fichier, ce que l\u2019on appelait l\u2019\u00ab \u00e2me \u00bb) sauvegard\u00e9e (ce que l\u2019on appelait \u00ab le salut \u00bb) dans un\u00a0<em>cloud\u00a0<\/em>(ce qu\u2019on appelait \u00ab le Ciel \u00bb).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 \u00c9v\u00eaques ou chefs multicolores, d\u00e9guis\u00e9s en habits d\u2019\u00e9v\u00eaque ? J\u2019en vois qui s\u2019exhibent comme le saint Sacrement !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Je lis chez Paul Veyne : \u00ab\u00a0<em>Seule la pens\u00e9e moderne, avec Spinoza et Hume, comprendra que les fausses croyances naissent d\u2019une facult\u00e9 de l\u2019esprit, l\u2019imagination, ou d\u2019un travers, la superstition, voire de la fourberie des pr\u00eatres. Puis on prendra la mesure de l\u2019immense capacit\u00e9 humaine de mythifier et on parlera de fonction fabulatrice.\u00a0<\/em>\u00bb<sup>3<\/sup>\u00a0Pourquoi s\u2019arr\u00eater l\u00e0 ? Je poursuis, en bon historien : \u00ab Seule la pens\u00e9e post-moderne,\u00a0<em>contre<\/em>\u00a0Spinoza et Hume, comprendra que les fausses croyances\u00a0<em>\u00e0 la raison<\/em>\u00a0naissent d\u2019une facult\u00e9 de l\u2019esprit, l\u2019imagination, ou d\u2019un travers, la superstition, voire de la fourberie des\u00a0<em>philosophes<\/em>. Puis on prendra la mesure de l\u2019immense capacit\u00e9 humaine de mythifier et on parlera de fonction fabulatrice du mat\u00e9rialisme. \u00bb Et c\u2019est reparti pour un tour.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Quand le voile du Temple se d\u00e9chire, par le haut (cf.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.aelf.org\/bible\/Mt\/27\"><em>Mt<\/em>\u00a0<strong>27<\/strong><\/a>, 51;\u00a0<a href=\"https:\/\/www.aelf.org\/bible\/Mc\/15\"><em>Mc<\/em>\u00a0<strong>15<\/strong><\/a>, 38) ou par le milieu (cf.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.aelf.org\/bible\/Lc\/23\"><em>Lc<\/em>\u00a0<strong>23<\/strong><\/a>, 45), de partout, appara\u00eet la nudit\u00e9 de Dieu. Cette impuissance est insupportable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 La foi chr\u00e9tienne est une lunette astronomique pour explorer le myst\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Je crains les catholiques qui auraient \u00e9t\u00e9 de bons musulmans en terre d\u2019Islam ou de bons communistes en URSS.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 \u00c0 l\u2019humain, tout est pardonnable. Pour \u00eatre impardonnable, un acte peccamineux doit \u00eatre pos\u00e9 en toute connaissance de cause, c\u2019est-\u00e0-dire selon toutes ses cons\u00e9quences. Cela semble impossible \u00e0 un humain.\u00a0<em>Caro cardo salutis.\u00a0<\/em>Nos limites nous sauvent\u00a0<em>in extremis<\/em>. B\u00e9nissons-les !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 L\u2019ambition orgueilleuse du bien (se sauver en sauvant) est un pur-sang fougueux, le cheval de Troie de l\u2019Ennemi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Le passage vers l\u2019\u00e9ternit\u00e9 consiste en un trou d\u2019\u00e9pingle. \u00c0 notre mort, pas d\u2019apr\u00e8s (du temps encore). L\u2019\u00e9ternel est d\u00e9j\u00e0 derri\u00e8re nous, orthogonal au flux intransitif des changements.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Tout bien pes\u00e9, l\u2019\u00e9piscopat est devenu une grandeur d\u2019\u00e9tablissement, un divertissement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Dieu cr\u00e9e en s\u00e9parant, dit-on. En nous s\u00e9parant de lui, qu\u2019avons-nous cr\u00e9\u00e9 ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2666 Sous nos tropiques temporalis\u00e9s, l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 accessible a l&rsquo;apparence d&rsquo;une souffrance infernale, une salle d&rsquo;attente sans rendez-vous et sans raison, qui se vide et se remplit, <em>ad nauseam<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aphorismes et p\u00e9rils &nbsp; &nbsp; \u00c9clats de SEP &nbsp; \u2666 La bonne sant\u00e9, silence des organes, l&rsquo;art de n&rsquo;y pas penser, n&rsquo;appara\u00eet que sous la forme du regret. &nbsp; \u2666 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"class_list":["post-4204","page","type-page","status-publish","hentry"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.8 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Aphorismes et p\u00e9rils - Scl\u00e9rose, mon amour<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"recueil de phrases courtes, inspir\u00e9es par la SEP, le monde, la vie aux m\u00e9andres compliqu\u00e9s. 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