Est-ce à l’occasion des élections législatives de 1849 en Haute-Marne que le comte Arthur BEUGNOT se décide à écrire cette courte notice1Adio 5Z, Beugnot, 4 f°. ? Voilà, du moins, ce que semble indiquer la fin biffée :
En rédigeant cette note, que l’on juge utile, il a plus parlé de lui, qu’il ne croit l’avoir jamais fait.
Cette pièce étonnante serait donc l’ancêtre des actes de foi de nos candidats actuels à la députation. L’intérêt y réside moins dans les faits exposés que dans la mise en scène d’éléments biographiques en forme d’égo-histoire. L’élément le plus frappant ici est l’apologie du père, le comte Jacques Claude Beugnot, figure brillante et tutélaire, mort pair de France. Celle-ci occupe la moitié du document. Et quand il s’agit de vendre son profil conservateur, Arthur insistera autant sur sa pairie héritée en 1841 ou la justesse technique de ses interventions parlementaires que sur la qualité de ses publications d’érudition. Un candidat de la société civile en quelque sorte :
Ces travaux politiques ne l’ont jamais détourné de ses études littéraires, et il a toujours pris part, indépendamment de ses travaux académiques, à la rédaction de différents recueils religieux ou scientifiques.
Choix judicieux ! Son implantation locale, la justesse de sa campagne et sa bonne renommée l’emporteront. Il sera élu troisième en mai 1849 et siègera à l’Assemblée Nationale jusqu’au coup d’État du 02 décembre 1851, date à laquelle il se retirera de la vie publique. Le temps pour lui d’entrer dans l’histoire législative comme rapporteur de la loi Falloux (1850).
