Fausse monnaie
Lors de la remise en ordre de la collection des monnaies romaines de la Bibliothèque diocésaine, un sesterce en bronze à l’effigie de Claude (41-54) attire l’attention en raison de l’exceptionnelle qualité de sa conservation. Une telle constatation ne pouvait qu’introduire le doute sur son authenticité.
En effet, à l’époque romaine, le monnayage de bronze (as, dupondius, sesterce) s’effectuait sous la responsabilité du Sénat qui en définissait les normes. Un sesterce devait avoir un poids de 27,06 g. Or notre exemplaire accuse un poids de 21,92 g sur la balance électronique. Il s’agit donc bien d’un faux. Mais à quelle époque cette copie a elle été fabriquée ?
S’agit-il d’un faux de la Renaissance ? Un habile graveur et orfèvre, Giovanni da Cavino, natif de padoue (1500- 1570) imite ces monnaies pour les vendre aux antiquaires de l’époque qui alimentent les cabinets de curiosité.
Est-ce un faux du 17e siècle ? Sous Louis XIV des copies circulent pour satisfaire les collectionneurs.
Est-ce un faux du 19e siècle ? Sous le règne de Napoléon III, l’engouement pour la période romaine conduit à l’apparition de nombreuses copies qui trompent la sagacité des numismates.
En l’absence de documents écrits, il est bien difficile de savoir comment cette pièce est entrée dans la collection. Peut-être à la suite d’échanges ou d’achat lors de voyages à Rome.