Nom de l’auteur/autrice :Thierry LECOMTE

Thierry Lecomte est né en 1969, Après des études en histoire médiévale, il rencontre l'évangile et est ordonné prêtre catholique en 2002 pour le diocèse de Langres (52). Curé à Chaumont, Langres et Joinville, il est auteur d'une thèse sur Claudel et Rimbaud. Atteint de sclérose en plaques primaire progressive depuis 2013, il vit désormais au rythme de cette maladie.

Mystique

Dominique POIREL vient de publier un livre important pour qui s’intéresse à l’histoire du mysticisme.

En effet, dans Mystique, Aventures et mésaventures d’un mot des origines à nos jours, il étudie sur 500 pages et 2500 ans l’évolution de la signification du mot mystique. Á la fin de cette étonnant travail, celle-ci se révèle à ce point complexe qu’elle déplace le terme de l’ordre de la signification à celui de la fonction culturelle. Mystique dirait d’abord le malaise de la modernité face à la question religieuse et son altérité radicale.

Cet ouvrage est disponible à la Maison Tabga, au 2 Rue Gillot, à Langres.

Crise des vocations

Dans le numéro de L’Ami du clergé en date du 21 avril 1960, Émile Vauthier traite longuement de la question des « Vocations Sacerdotales » (notez les majuscules). En réaction à ce bel exposé très articulé, le père Caron, de Bourg-la-Reine, envoie à la revue une lettre des plus intéressantes1AdC, correspondance, 25/04/1960.. Certes, il ne méprise pas l’argument principal de l’article, à savoir l’affaiblissement du sentiment religieux. Cependant, il insiste sur une autre cause, selon lui trop négligée : la situation matérielle faite au clergé depuis la loi de Séparation :

Ce qui a été changé brutalement et ce qui explique la pénurie des vocations, c’est la situation faite aux prêtres en exercice. Beaucoup sont les plus pauvres de leur paroisse, incapables d’avoir un intérieur décent, avec une modeste bonne pour leur faire la soupe et laver leur chemise. Les considérations théologiques y changeront peu de chose.

Si le nombre de prêtres est simplement corrélé à leur revenu, la fameuse crise des vocations aurait donc bien commencée en 1905, pas en 1960. D’où la prophétie implacable que l’auteur en tire :

Une fois liquidée la situation née du Concordat, […] les diocèses auront autant de prêtres qu’ils pourront en entretenir décemment, mais pas davantage.

La fin de la lettre résonne avec un brin d’ironie, non sans une allusion discrète aux Nuées d’Aristophane :

Peut-être cette théologie vous paraîtra-t-elle bien terre-à-terre. Mais c’est sur la terre que nous avons et que nous devons garder les pieds, si nous voulons ne pas nous perdre dans les nuées.

Soixante-cinq ans plus tard, cette hypothèse provocante mérite toujours considération.

En campagne

Est-ce à l’occasion des élections législatives de 1849 en Haute-Marne que le comte Arthur BEUGNOT se décide à écrire cette courte notice1Adio 5Z, Beugnot, 4 f°. ? Voilà, du moins, ce que semble indiquer la fin biffée :

En rédigeant cette note, que l’on juge utile, il a plus parlé de lui, qu’il ne croit l’avoir jamais fait.

Cette pièce étonnante serait donc l’ancêtre des actes de foi de nos candidats actuels à la députation. L’intérêt y réside moins dans les faits exposés que dans la mise en scène d’éléments biographiques en forme d’égo-histoire. L’élément le plus frappant ici est l’apologie du père, le comte Jacques Claude Beugnot, figure brillante et tutélaire, mort pair de France. Celle-ci occupe la moitié du document. Et quand il s’agit de vendre son profil conservateur, Arthur insistera autant sur sa pairie héritée en 1841 ou la justesse technique de ses interventions parlementaires que sur la qualité de ses publications d’érudition. Un candidat de la société civile en quelque sorte :

Ces travaux politiques ne l’ont jamais détourné de ses études littéraires, et il a toujours pris part, indépendamment de ses travaux académiques, à la rédaction de différents recueils religieux ou scientifiques.

Choix judicieux ! Son implantation locale, la justesse de sa campagne et sa bonne renommée l’emporteront. Il sera élu troisième en mai 1849 et siègera à l’Assemblée Nationale jusqu’au coup d’État du 02 décembre 1851, date à laquelle il se retirera de la vie publique. Le temps pour lui d’entrer dans l’histoire législative comme rapporteur de la loi Falloux (1850).

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