Archives

Dépôt d’archives paroissiales

Grâce au travail efficace du Père Stéphane Bredelet, curé des paroisses Saint-Eloi et Saint-Germain-l’Auxerrois, les archives religieuses (série 2P) de 27 localités sont disponibles à la consultation. Cela concerne les villages suivants :

Ageville; Biesles; Bourdons-sur-Rognon; Donnemarie; Esnouveaux; Essey-les-Eaux; Forcey; Is-en-Bassigny; Lanques; Laville-aux-Bois; Le Puis-des-Mèzes; Longchamp; Louvières; Mandres-la-Côte; Millières; Nogent (haut et bas); Marnay; Mennouveaux; Ninville; Odival; Poinson-lès-Nogent; Poulangy; Sarcey; Sarrey (Epinant); Thivet; Vitrey-lès-Nogent.

L’inventaire présente un fonds de plus de 8 mètres linéaires. Il est disponible ICI. Un bonne nouvelle pour les chercheurs !

Martin le voyant

La Bibliothèque diocésaine de Langres conserve un très important fonds archivistique de la Congrégation des Annonciades Célestes. En effet, il est constitué de l’ensemble des archives françaises de cet ordre, né à Gênes dans le mouvement de la Contre-Réforme.

 

Parmi de multiples curiosités, voici un curieux carnet de 12 pages1Adio52, 2Z. Il transcrit les visions de Thomas Martin, laboureur à Gallardon, dans la Beauce, en 1816. Ce dernier prétendit avoir reçu de l’archange Gabriel la mission de transmettre un message secret au Roi.

Ces copies furent nombreuses entre 1816 et 1819, en particulier à l’initiative du curé du lieu, le Père Laperruque, ardent propagandiste de son extraordinaire paroissien2La graphie, l’orthographe et le papier semblent indiquer une datation autour de 1820.. Après de multiples interventions en partie contradictoires et un séjour à Charenton auprès des meilleurs aliénistes, le paysan prophète sera reçu par Louis XVIII aux Tuileries, le 02 avril 1816. On rapportera qu’à l’énoncé dudit secret le Roi aurait pleuré3Un premier récit de cette entrevue sera publié douze ans plus tard. Voir Anonyme (abbé Pierre PERREAU), Le passé et l’avenir expliqués par des événements extraordinaires arrivés à Thomas Martin, laboureur de la Beauce, Bricon, Marseille, 1832, ICI. Une version dite intégrale sera ensuite diffusée par les partisans de NAUNDORFF (prétendu Louis XVII), d’abord en 1846, puis en 1893.…

 

De fait, l’affaire fait grand bruit au sein du milieu janséniste et ultra4Voir Philippe BOUTRY et Jacques NASSIF, Martin L’Archange, (coll. « Connaissance de l’Inconscient »), Paris, Gallimard, 1985 (ouvrage disponible à la Bdio).. Certains y voient l’indice providentiel d’un retour curatif à l’ancienne Alliance du Trône et de l’Autel. Très intéressant pour nous la copie finale

[…] d’une lettre du Curé de Gallardon adressé à Mr de Liver, à Langre [sic] en réponse à la demande que celui-ci lui a fait touchant l’événement arrivé à Thomas Martin son paroissien.

Cette indication reste à mieux identifier. Cependant, elle indique le fond mental, jansénisant et réactionnaire, de milieux langrois de plus en plus marginalisés, à la recherche de signes divins après l’épreuve traumatique de la Révolution et sa tornade positiviste.

Crise des vocations

Dans le numéro de L’Ami du clergé en date du 21 avril 1960, Émile Vauthier traite longuement de la question des « Vocations Sacerdotales » (notez les majuscules). En réaction à ce bel exposé très articulé, le père Caron, de Bourg-la-Reine, envoie à la revue une lettre des plus intéressantes1AdC, correspondance, 25/04/1960.. Certes, il ne méprise pas l’argument principal de l’article, à savoir l’affaiblissement du sentiment religieux. Cependant, il insiste sur une autre cause, selon lui trop négligée : la situation matérielle faite au clergé depuis la loi de Séparation :

Ce qui a été changé brutalement et ce qui explique la pénurie des vocations, c’est la situation faite aux prêtres en exercice. Beaucoup sont les plus pauvres de leur paroisse, incapables d’avoir un intérieur décent, avec une modeste bonne pour leur faire la soupe et laver leur chemise. Les considérations théologiques y changeront peu de chose.

Si le nombre de prêtres est simplement corrélé à leur revenu, la fameuse crise des vocations aurait donc bien commencée en 1905, pas en 1960. D’où la prophétie implacable que l’auteur en tire :

Une fois liquidée la situation née du Concordat, […] les diocèses auront autant de prêtres qu’ils pourront en entretenir décemment, mais pas davantage.

La fin de la lettre résonne avec un brin d’ironie, non sans une allusion discrète aux Nuées d’Aristophane :

Peut-être cette théologie vous paraîtra-t-elle bien terre-à-terre. Mais c’est sur la terre que nous avons et que nous devons garder les pieds, si nous voulons ne pas nous perdre dans les nuées.

Soixante-cinq ans plus tard, cette hypothèse provocante mérite toujours considération.

Défiler vers le haut