La bibliothèque diocésaine conservait dans deux containers un fonds archivistique provenant du village de Bussières-lès-Belmont (avec quelques pièces concernant Grenant et Saulles). Entré par des voies dites extraordinaires, il vient d’être classé et de faire retour à la maison, autrement dit dans la sous série 2P (fonds locaux). Ce fonds est assez important (c. 1 ml.) et comporte les éléments habituels. Deux dossiers cependant attirent l’attention.
D’une part, un ensemble de sermons1Adio52, 2P Bussières-lès-Belmont, 2C (2 boîtes). de l’après Première Guerre mondiale. Il s’agit de commentaires des évangiles, de conférences de Carême et de Chemins de croix, tous bien conservés et méticuleusement indexés. Une lecture précise permettrait d’approfondir notre connaissance des prédications dans un village haut-marnais, il y a cent ans. Avis aux étudiants !
D’autre part, un ensemble de pièces autour de 1850 concernant le schisme de Roches-Bettaincourt et la conversion de l’abbé Marche à l’Église catholique française de François Châtel2Dossier « Pièces diverses. Affaire Marche. Petite église »; Adio52, 2P Bussières-lès-Belmont, Z.. Une étude rapide montre qu’il s’agit des documents conservés par l’abbé Morisot, curé de Bettaincourt durant l’affaire, puis transféré à Bussières, lieu où il meurt en 1872. Les choses s’expliquent donc. Le dossier est constitué comme suit :
- Une lettre du substitut du Procureur royal, à Wassy, Eugène Renard (?), datée du 21 juillet 1843, demandant au père Morisot de lui transmettre des informations à titre officieux.
- 9 lettres épiscopales, datées du 31/03/1843, 05/07/1843, 31/07/1843 (« […] la conspiration est flagrante »), 24/11/1843 (« […] le loup de l’hérésie va donc entrer dans notre chère bergerie diocésaine »), 09/12/1843 (démarche vers le Préfet), 02/02/1844, 14/02/1844 (cas des sœurs), 16/10/1844 (appui et encouragement) et enfin du 14/03/1848, se moquant des menées de Marche et Châtel.
- Une demande d’information du Sous-préfet adressée au maire (21/03/1850).
- Une copie de l’acte préfectoral dissolvant l’Église française pour menées politiques (24/03/1850).
- 7 lettres de Barrillot, vicaire général, à Morisot, du 28/12/1835 (nomination comme vicaire à Châteauvillain), 08/02/1844 (binage provisoire à Doulaincourt), 02/12/1851, les autres sans date ou année, sans doute de 1850. On perçoit en arrière fond les démarches épiscopales à Paris, en particulier auprès de Mr de Falloux.
- Un billet sans date de Carré, demande au curé un recensement des fidèles de chaque église, afin de renseigner la Préfecture.
Au final, cet ensemble inédit est intéressant pour mieux comprendre la réaction diocésaine et politique à cet événement si particulier, dont l’histoire précise reste à écrire. Avis aux historiens !