Nouveau paradoxe

Plus je réfléchis, moins je comprends. Mais j’envisage un peu mieux vers où je vais, malgré moi. Le gain est appréciable.

 

L’assignation à domicile imposée par la condition sépienne exige une vie intensément répétitive. Pourtant, l’examen rigoureux, comme involontaire, de ma condition temporelle, dégagée d’une somme monstrueuse de distractions, oblige à reconnaître qu’il n’en est rien. Car si le temps permet la répétition à main droite, à main gauche il le rend impossible. Je refais toujours la même chose, mais en différent, puisqu’avec d’autres coordonnées temporelles. Le monde qui se répète n’est jamais le même, emporté par essence vers une singularité que l’on nomme, faute de mieux, la mort, soleil noir au centre de nos galaxies existentielles.

 

Comment se démettre de ce curieux paradoxe, par ailleurs forme logique de révélation du mystère autrefois étudiée par Henri de Lubac. Aussi, faut-il s’en démettre ?

 

La question serait plutôt d’estimer si je vis mieux ou moins bien avec lui, qui me désoriente et gâte mes anciennes innocences à « croquer la vie » au nom d’une philosophie adulescente du progès perpétuel.

 

Peu importe, en fait. Simplement, il établit l’horrible lucidité de nos existences réduites lorsque s’évanouit le mirage des occupations sociales, des devoirs imposés, des injonctions à la réussite, etc. Ainsi mis à nu, impudique et honteux, le malade mérite sa relégation aux enfers de la bonne conscience, quand les bonnes âmes s’affranchissent de nos dangereuses prophéties par des sonnants « Bon courage ! ».

 

Quel courage à subir la vérité qui nous étreint à mesure où elle nous disperse ? En fait, là où je suis contraint, ce n’est pas de courage dont j’ai besoin, mais d’un sauveur.

 

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