Peu c’est mieux

La maladie appelle la simplification. Le temps vide devient rare et précieux. Il convient d’en user avec parcimonie et discernement. Je passe donc de plus en plus de ce temps disponible à réfléchir longuement à comment l’employer.

 

Ce calcul d’obligation, en apparence dilatoire et négatif, ne s’avère pas idiot ! Ici, peu c’est mieux.

 

Ainsi ceci. Lire et méditer profondément Blaise Pascal permet de ne plus lire Nietzsche, partant tous ses disciples, répétiteurs et petits imitateurs. En effet, le philosophe à grande moustache y est entièrement contenu pour sa part intéressante, en gros l’exposé du problème anthropologique. Le reste, à savoir sa proposition de résolution, n’a aucun intérêt, surtout sous sa forme actuelle et défigurée de norme moderne.

 

Chez Pascal au contraire, nous avons déjà l’entièreté du diagnostic et une thérapeutique possible. De plus, exprimé dans un français stupéfiant, poétique et drôle.

 

Finalement, à l’encan, ma bibliothèque se réduit à vue d’œil. J’avance léger et bref, par obligation. Désormais, je parcours les vastes bibliothèques avec circonspection. Je finirai au seuil avec très peu de livres et de maigres illusions.

 

Léger, courbé, réduit à l’os, j’envisage dès lors la possibilité pratique de la porte étroite, cachée et miraculeuse.