Le Même dans l’Autre

Je lis un livre sur Napoléon s’identifiant au messie et fasciné par Jésus Au débotté de la lecture, je tombe sur cette phrase :

Face à l’inconnu, l’homme réagit toujours de la même manière : il tente de retrouver le Même dans ce qui est Autre1Marie-Paule RAFFAELLI-PASQUINI, Napoléon & Jésus. L’avènement d’un messie, PARIS, Éditions du Cerf, 2021, p. 64..

Selon ce principe, que pense le bien-portant quand il se heurte à l’altérité radicale du malade bien décati ? Il pense à soi, en particulier à son état légitime de bien portance et de santé sempiternelle. Comme il désire que nous soyons comme lui, il nous encourage à guérir, par tous les moyens.

 

Or, dans mon cas, cela est impossible en l’état. D’où un appel vibrant à l’espérance par la recherche, bien que peu probable à brève échéance.

 

Devant tant de résistance, à défaut d’issues satisfaisantes, restera la fuite désolée, masquant parfois une détestation coupable. Car demeure insupportable l’altération que la maladie provoque aux illusions de la grande santé, érigées en souverain bien et droit humain inaliénable, comme au pouvoir de la Médecine, fondement de susbtantiels revenus.

 

Dommage. Désormais, le confort auto-idolâtre l’emporte sur l’Inconnu, comme sa certitude misérable sur le Mystère insaisissable des Béatitudes. On vit trop, et trop mal. Les lumineuses ambitions du progrès sous Prozac recouvrent l’existence douloureuse et ses fusées. Baudelaire, là encore, avait raison. Il va falloir d’urgence l’effacer des programmes scolaires.