Courir

Courir1Jean Echenoz, Courir, Paris, éditions de Minuit, 2008 est le titre d’un beau livre d’Echenoz.

 

J’ai pratiqué la course à pied jusqu’à 40 ans. La compétition ne m’intéressait pas. J’aimais mettre les chaussures et courir 15 ou 20 bornes, trois à cinq fois par semaine. Souvent le soir, parfois la nuit, par tous les temps, seul. Ce que j’ai aimé ça.

 

Les premiers symptômes sont apparus en courant (le pied gauche). Après le diagnostic, j’ai continué les sorties. Je me suis pris de bonnes gamelles. Et puis, il a fallu arrêté. J’ai mis trois ans pour jeter les shorts, les maillots, les chaussures. Je pleurais en voyant passer des coureurs. J’en rêvais la nuit. Maintenant je n’y rêve plus, je n’y pense plus. Courir est aussi incroyable que m’envoler ou marcher sur l’eau. La SEP a détruit toute nostalgie. Par délicatesse, sans doute.

 

Rendons grâce.