Mises en perspective

Le livre d’Henri Atlan au titre interminable Pour un athéisme éclairé. Des Lumières au monde hébraïque, L’hypothèse inutile se présente de fait comme une variation autour du vieux problème des noms divins, développé en particulier par la théologie négative d’origine dyonisienne1Voir par exemple ICI pour une approche philosophique.. S’il intéressera peu le théologien catholique pour sa partie proprement théologique et chrétienne, il propose d’importantes pistes autres, à savoir la cybernétique, l’épistémologie de la science contemporaine et la richesse incomparable de la tradition juive.

Mille choses à glaner, comme le concept d’« athéisme provincial », la distinction entre I.A. forte et faible, la légende du Golem, des propositions suggestives de traductions (kadosh comme « sacré », el shaddaï comme « dieu qui fixe des limites ») ou encore la lecture virtuose de Gn 1, 1 selon le Zohar.

 

L’auteur structure son propos autour d’une distinction entre religion ritualiste et religion dogmatique. On peut s’interroger sur son application en l’espèce, à la fois abrupte et très (trop ?) extensive. Pour en juger, il conviendra de compléter cette proposition revigorante par deux livres de John Scheid consacrés à la religion ritualiste romaine.

Le premier, La religion des Romains, se présente comme un manuel structurel très synthétique. En particulier, la définition des termes (religio, superstitio, deus, ritus, etc.) permet d’éviter de fâcheux contresens. Le second, « Quand faire, c’est croire » étudie plus précisément le ritualisme et les sacrifices pour ressaisir d’une manière neuve leurs portées théologiques et spirituelles.

Ces dépaysements permettent de mieux comprendre continuités et ruptures lors de l’avènement du Christianisme dans le monde romain et au sein de son terreau judaïque, soit deux manières autres de vivre la et en religion.

 

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