La fin des innocences

L’innocence serait cette existence souvent détachée, quand certaines choses se font d’elles-mêmes, sans souci ni attention.

 

Sauf que, depuis ma SEP, si je ne pense pas à l’objet que je prends, je le laisse tomber. Si je ne note pas le RV à venir, je l’oublie. Si je ne regarde pas le trottoir devant moi, je bute et tombe. La fin de cette innocence est une vie concentrée et sans échappatoire, une vie dans laquelle la maladie fait toujours retour.

 

Cette extrême concentration fatigue plus que les langueurs physiques. Elle use et durcit, ramenant sans cesse au réel. Ce réel qui fait mal quand on s’y heurte. Ce réel qui n’est pas la réalité, c’est-à-dire la représentation du réel. Comme si la maladie écrasait l’écart entre réel et réalité.

Ô innocence ! innocence ; innocence, innoc… fléau !1Arthur Rimbaud, lettre à Ernest Delahaye dite « Laïtou », mai 1873. Voir ICI

Cet aplatissement abolit l’espace du désir, du rêve et du délire. Est-ce là l’origine de notre malédiction, et la cause secrète de notre immense solitude?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut