Thierry Lecomte à l’infini
Après certaines expériences, on devrait changer de nom, puisque aussi bien on n’est plus le même.1Emil Cioran. De l’inconvénient d’être né, (coll. « folio Essais »; 80), Paris, Gallimard, 1987, p. 95.
Pas bête. Si la maladie est bien un événement qui trace une ligne frontière entre un avant et un après (voir ICI), si nous ne sommes plus le/la même, alors oui, je like, nous devrions changer de nom. Histoire de bien marquer le coup et de le signifier à la terre entière. Nous aussi, nous sommes en transition. La SEP fluidifie l’identité. Et que m’importe si ce fait bouleverse l’anthropologie bourgeoise et les habitudes de l’Administration. C’est mon droit !
Certes, tout cela est ennuyeux d’un point de vue pratique. Il est difficile aujourd’hui de modifier ses papiers d’identité. Aussi je propose que la CAF ou l’Assurance-Maladie nous envoient, après vérification, une sorte d’auto-collant que nous poserions sur lesdits papiers. Pour ma part, je serais désormais « Thierry Lecomte 2 », entendez version SEP, seconde saison. Il y aurait ainsi, diraient les philosophes, une dialectique spirale entre rupture et continuité. Le même, différent.
J’attends avec gourmandise « Thierry Lecomte 3 » et « Thierry Lecomte 4 ». Coup de foudre amoureux ? Perte de la foi ? Cancer du pancréas ? Alzheimer ? Comme à chaque numéro correspondra son blog, constatez avec effroi combien je n’ai pas fini de m’étendre sur la toile !