L’amour qui n’aime pas

La faiblesse attire la compassion.

 

Celle-ci n’est pas toujours pure. Il existe un amour qui n’aime pas1J’ai trouvé cette formule chez Maurice Bellet, mais où ?. Ou plutôt un amour qui s’aime soi aimant l’autre, aidant l’autre. Un spectacle d’amour de l’autre qui n’est qu’un amour propre mal placé, et qui se joue la comédie. Ces gens-là sont pires que les indifférents ou les cyniques. Ils transpirent la peur. Pour survivre, il convient de les démasquer et de les fuir.

 

Et puis il y a les miracles. Des personnes souvent imprévues vous aident vraiment : course, transport, visite, invitation, petites attentions, travail en commun. Il y a ce médecin qui vous écoute, cette infirmière qui vous regarde, la kiné qui ne veut pas vous guérir parce que c’est impossible, le vieux prêtre qui ne veut pas vous conduire à Lourdes, l’ami qui sait vous engueuler quand il le faut. Beaucoup d’autres. Ces gens-là vous sauvent littéralement, le plus souvent sans le savoir, par honnêteté.

 

La bible appelle cela les justes, les ajustés. Ils travaillent à l’instinct et s’en vont, l’air de rien.

 

Cette humanité silencieuse, la maladie vous la révèle. Elle donne l’espérance minimale pour croire surmonter le désespoir.