Transfigurés par la sainteté (Mt 5, 1-12)
Au gré de la liturgie, la méditation de ce dimanche (Tous les Saints) est placée sous le signe du retour, circularité et ouverture. Un même souffle parcourt l’Apocalypse (Ap 7, 2-4.9-14), la Première Epitre de Jean (1 Jn 3, 1-3) et l’Evangile selon Matthieu (Mt 5,1-12a), tout en faisant écho à certains motifs des semaines précédentes.
Ainsi revient implicitement le denier frappé à l’effigie du Maitre et Seigneur (cf Mt 20, 1-2.8-12 et 22, 19-21). L’ange marque de son « sceau les serviteurs de Dieu » comme l’on marque le revers d’une pièce pour signaler son appartenance. « Nous (qui) sommes enfants de Dieu », il nous rétablit dans notre filiation. Nous unissant en une « foule immense » dans la proximité indéfectible et l’intimité ontologique du Père, il nous rend semblables à Lui, sanctifiés selon sa volonté.
Parallèlement, entre les textes circule le verbe « voir », traduisant deux verbes grecs complémentaires, « eido » et « optanomai ». Voir un ange et entendre la Parole divine, c’est accueillir la vision et méditer la promesse de l’accomplissement du projet de Dieu. Voir Dieu tel qu’Il est, c’est avant tout se laisser regarder par Lui et recevoir de son regard la lumière qui dessille nos yeux.
Ce mouvement opère non un enfermement mais une transformation, voire une transfiguration : « voyant les foules », Jésus fait entrer les coeurs purs dans la perspective divine.
Pour ceux que saisit la Parole divine, bonheur et sainteté vont de pair. Heureux ceux que le Seigneur regarde. Lui, l’humble et le doux, le juste et le miséricordieux, l’artisan de paix persécuté pour la justice, il remporte pour nous le combat de la fidélité à Dieu et nous ouvre un chemin d’éternité. Celui-ci se poursuit de génération en génération, selon une dynamique de jubilation d’une inépuisable vitalité :
En marche, […] à cause de moi.
Jubilez, exultez ! Votre salaire est grand aux ciels1Traduction CHOURAQUI !
Ashré , le bonheur gagné à la croix, redresse ceux qui se laisse pousser par l’Esprit de Dieu, il les lance en avant pour courir la bonne course. La sainteté promise par le Christ est un don inaliénable. Qu’à son approche, nos cœurs tressaillent de joie !
