La vigne et ses fruits constituent un motif biblique récurrent. Dans l’évangile d’aujourd’hui (27ème dimanche TO) l’image se développe en un drame marqué par la violence et le sang.
La figure que je retiens est celle d’un propriétaire qui érige un domaine pour le laisser en fermage avant d’en partir et de ne s’y manifester ensuite que par délégation. Quelque chose de son absence m’intrigue.
Par jeu d’identification, je comprends bien sûr que Dieu installe son peuple sur une terre préparée pour qu’il y prospère. Dieu marque symboliquement sa présence par une tour – un temple. Quittant la place, il confie ce temple et ce peuple à des responsables religieux – des prêtres – en qui, par contrat, il place sa confiance.
Le moment des comptes arrivé, il délègue des émissaires – porte-parole et prophètes, sans doute. Comme bien souvent, les responsables du peuple s’en saisissent, les frappent, les lapident, les tuent. C’est alors son propre Fils que Dieu fait entrer en scène. Le drame atteint son point d’acmé : scandale et folie, le Fils est sacrifié.
A ce point de la parabole, les questions se bousculent.
Pourquoi Dieu ne vient-il pas lui-même régler les comptes ? Pourquoi s’est-il d’ailleurs retiré de cette terre, pourtant préparée par lui pour son peuple ?
Dieu ne s’impose pas – contrairement aux vignerons qui s’arrogent des droits sur la vigne.
Dieu propose encore et encore de recevoir sa Parole comme bénédiction promise.
Dieu est tellement Tout-Autre que nous ne saurions nous tenir par nos propres forces devant sa face.
Alors, il missionne son Fils.
Non par les vignerons homicides, mais par le Christ, avec lui et en lui. Cette formule éclaire le retrait de Dieu qui nous rejoint au lieu où nous nous tenons greffés à la vigne.
