« La SEP guérit de bien des choses. » Cette phrase bien sentie, joliment frappée, je devrais en déposer le brevet . Elle pourrait suffire. Elle devrait suffire. D’ailleurs elle suffira aux sages. Mais sage, je ne le suis pas. C’est pourquoi il me faut des mots, des posts pour redire la même chose, mais avec style, enfin je crois. Cruelle ambition…
Des articles pour oublier un temps que nous allons mourir, oublier un temps le temps, se rassurer ensemble, se réchauffer ensemble, chanter les cruelles infortunes, dans la nuit noire, perdus au milieu de la forêt énigmatique.
La SEP guérit de bien des choses.
II nous faut chaque jour apprivoiser le réel sauvage, le dissoudre, en délayer les amertumes et neutraliser ses poisons. Appelez cela le monde. Le monde et sa logique de non-contradiction, de non-dispersion, de victoire.
La SEP guérit de bien des choses, à commencer par cette idée reçue de la guérison, l’idée bourgeoise de la guérison, le projet fou de la guérison éternelle, la grande santé ! Ah ma douce maladie, tendre putain, horrible malédiction, guéris-moi de ces délires ! Ouvre mes yeux, mes entrailles, mon cri, à ma peine. Rends-moi contradictoire, illusoire, blême, affreux. Monstrueux.
Humain.