Les trois coups de grâce

La vie c’est du théâtre et des souvenirs

Mais nous sommes opiniâtres à ne pas mourir.1Alain Souchon, Rive gauche, 2000.

Alain Souchon est un bon poète. Il voit. Chacun est sommé de jouer, souvent plusieurs rôles. De donner la réplique, le mieux possible. L’esprit de troupe. On peut s’y perdre. D’ailleurs nous nous y perdons. Cela est connu. Inutile de lire les sociologues pour cela. Shakespeare suffira. Shakespeare est suffisant pour toute une vie.

 

Si interpréter un personnage est divertissant, cela s’avère quelque fois navrant et répétitif. Avec mademoiselle SEP, j’ai vu parfois des médecins jouer au médecin, des ambulanciers jouer à l’ambulancier, des infirmières jouer à l’infirmière, des empathiques jouer à l’empathique, des malades jouer au malade. Le CHU joue au CHU. La CAF joue la CAF. Je me surprends dans la glace à mal jouer le sépien. Pire, à le jouer au second degré, genre moderne, genre Canal, Inrock, Libé, genre pas dupe. L’horreur ! Au moins le premier degré sépare-t’il clairement la scène des coulisses. Sans cela, où ôter le maquillage, où retirer le costume, où déposer les accessoires ? Cette illusion nous sauve.

 

Je me demande si la maladie elle aussi joue à la maladie, et si elle s’ennuie alors autant que moi.

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