Ma faculté d’être déçu dépasse l’entendement.1Emil Cioran, De l’inconvénient d’être né, Paris, (coll. « folios Essais« ; 80) Gallimard, 1987, p. 13.
Lisant Cioran, je pose ma liseuse et m’interroge : la SEP m’a-t-elle déçu de la vie ? Non. Celle-ci est si étrange. De moi-même ? non plus. Si je l’étais, je devrais tout autant être déçu de ce moi déçu. Et ainsi, à l’infini, ou plutôt ad nauseam. Des autres ? Me connaissant un peu, je ne me faisais guère d’illusion. De la médecine ? Au contraire. De Dieu ? Jésus est-il déçu du Père sur la Croix ? Il n’a pas vraiment le temps. Après docte analyse, je conclus : seule la déception me semble vraiment décevante.
Comme souvent, Cioran est séduisant, mais décidément trop frivole.