tragique donc vivant

Si l’on retient la SEP comme événement tragique, alors il est possible de se consoler du désastre avec cette phrase de Nathalie Sarthou-Lajus :

Le tragique est un rapport vivant avec la mort.1Nathalie Sarthou-Lajus, « Éloge du tragique », dans Cinq éloges de l’épreuve, PARIS, Albin Michel, 2014, p. 36.

Ce rapport vivant avec la mort s’oppose à nos différents rapports mortifères avec la vie. Habituellement, on les définit en termes négatifs de troubles, dépression ou mélancolie. Mais on oublie de considérer leur forme ordinaire et très sociale : le confort, le divertissement, le mensonge consumériste, l’injustice de nos sociétés, l’humiliation des pauvres, l’instrumentalisation de la nature, les abus de conscience, etc. Nos pauvres vies tragiques ne valent-elles pas mieux que toutes ces grandes comédies nécrophiles ? Dans un monde momifié de sarcophages acidulés, serions-nous ostracisés d’être ainsi nus et blessés, sensibles et vulnérables ? Ou pire, sommes-nous parmi les proies en conserve que dévorent ces morts-vivants ?

 

Douce brulure des curiosités buissonnantes, ô SEP divine, ton nom scellé, au désert révélé, est-il chemin, vérité et vie ?

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