Avec la SEP coulent les larmes. Cette humidité de la vue, soudain baignée d’eau salée, désamarre nos certitudes et embarque nos existences troublées dans un carnaval en forme de bateau ivre. Nous voici fluides, liquides, à la dérive sur les fleuves de la vie, emportés comme un bouchon dansant, infusés par le Poème de la maladie !
Cette errance éplorée, sans attache, nomadise notre pensée qui s’exalte, glisse sur « les gouffres amers »1Charles BAUDELAIRE, L’Albatros ; voir ICI) et roule d’informes néologismes. Que voulez-vous, les mots communs ne peuvent décrire nos visions nouvelles ! Voir dans les larmes, de peines ou de joie échangées, c’est projeter sur le monde mille et un reflets de l’intériorité ! C’est regarder à travers un diamant merveilleux, en kaléidoscope, en relief et selon toutes les couleurs. Ou encore greffer en guise de cristallin les boules à facettes de nos boums lycéennes, pour marcher dans la lumière de la fête et de l’enfance.
On clôt avec Arthur :
[…] je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !
Amen.