Hors-fantasmagories

La SEP est idiote et sans dissimulation. Elle ne trafique pas, ne ment pas. En cela, elle me libère du mensonge ancien, de ses curieux voyages et belles fantasmagories.

 

Mais dit-elle pour autant la vérité ? Non pas. Comment le ferait-elle ?

 

À défaut, vise-t-elle quelque chose qui tende à la vérité ? Pas certain.

 

Serait-elle alors neutre en ces choses, d’une neutralité toute helvétique, à la fois armée et désarmante ? Assurément son but n’est pas le nôtre, mais sa différence surligne nos délires. L’effet serait de révéler combien, depuis l’enfance et la mauvaise éducation, nous serions à ce point enveloppés d’un lourd manteau de mensonge que sa brusque disparition nous fasse croire à l’avènement d’une vie pleinement libérée, véridique et sauvée. Douce vision, envers du malheur, mais saveur encore perverse, heureusement vite évanouie.

 

Car la fin du long cauchemar n’est pas le don immédiat de la vie éternelle. Encore faut-il s’éveiller au monde, sortir des tombeaux, se lever dès l’aube, s’habiller de vertu, marcher dans la belle lumière, trembler à chaque carrefour, endurer le prix de la liberté. Encore faut-il devenir un humain véritable.

 

Quand la maladie t’arrache aux enfers des illusions, la route semble déjà gagnée. Assez vite, tu découvres qu’elle ne fait que s’ouvrir. Sous l’ombre cachée d’un grand désir à dominer, il va falloir tenir la cadence, canne en main, et trébucher à chaque pas.

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