Alerte canicule ! Le sépien s’enferme dans sa grotte à cause du phénomène Uhthoff. Pour faire simple, la chaleur amplifie la chaleur corporelle, partant les dysfonctionnements neurologiques. Ce processus me semble une jolie analogie, ou parabole, des justes attitudes à adopter en temps de crise aigue.
D’autant que le phénomène Uhthoff ne concerne pas seulement nos existences. Il traverse aussi nos institutions, par exemple mon diocèse. Aujourd’hui, ce dernier, comme d’autres, semble accablé par la chaleur de l’épreuve : réduction drastique et incomprise du personnel, baisse du désir religieux, etc. Or, la conséquence immédiate n’est pas toujours une solidarité accrue, un goût des autres, une analyse précise des causes de tels dérèglements, un appel résolu à la réforme, une écoute attentive des nouveautés, etc.
Au contraire, les dysfonctionnements semblent plutôt revigorés. Chacun se recroqueville dans ses certitudes ou dans un réseau étroit de solidarités privées. On se crispe alors sur des détails, des fausses démonstrations ou sur un passé rêvé et fantasmatique. Mieux, on sauve le monde tout seul, martyr droit et sentencieux aposté aux carrefours en plein midi, etc.
Pourtant, les solutions sont connues. Il s’agit d’abord de rester au calme et au frais en attendant patiemment des jours meilleurs. On demeure chez soi, on active le ventilateur, on lit, on prie, on arrose ses plantes. Surtout pas de grandes décisions ou initiatives durant cette désolation transitoire. La grande gouvernance est en attente. Ici, la médiocrité et l’indétermination sont de grandes vertus.
Comme le veilleur guette l’aurore, le croyant attend les signes de la fraîcheur future. Parfois, il envie même l’hiver et les grands frimas ! Aux jours plus cléments, il sera temps de ressortir, l’esprit enrichi de ces heures imposées de studieuse tranquillité.