L’anti-Golem

Sep rend toute chose autrefois facile, heureuse et souple, aujourd’hui difficile, malheureuse et raide. Cette complication partout, lenteur et lourdeur, transforment l’existence en un effort permanent. En ce sens strident et grinçant, l’existence sépienne va à rebours de notre époque au projet fluide et doux.

 

Il n’y a plus d’étrange légèreté de l’être, mais sa pesanteur tenace. Il n’y a plus l’appétence juvénile pour une vie engagée, libre et déliée, mais l’armoire-forte des devoirs imposés. Avec le dégoût rétroactif des innocences à jamais perdues, le malade, conséquent par nature, solde les anciennes indignations comme sa propension à exalter ses réflexes victimaires. La maladie clôt par nécessité les espaces communicationnels en forme de like/dislike. Par-delà émoticons et appels indignés à la résistance citoyenne, je me vois désormais abstrait du nouveau régime de propagande. Car, défait par essence et en toute rigueur, aucune militance enjouée n’y trouvera plus sa force d’être.

 

Mieux vaut ne pas le clamer sur les toits. L’abstraction susdite appelle claustration, discrétion et silence. Ce qui est là si évident interdit désormais toute velléité à changer quoi que ce soit, sinon en marge ou par accompagnement. Il y a déjà trop à encaisser. In fine, cet excès si pesant et douloureux oblige au repos contraint et à l’attente bien bête. Il écrase le malade abruti par compression, comme on foulait le raisin dans les fûts anciens. Cependant, ce sabbat imposé me soulage à mesure des fureurs en progrès de notre humanité en ébullition, Golem de Prague devenu fou par implant, extension et hyper-connexion1Voir par exemple Henri ATLAN, Pour un athéisme éclairé. Des Lumières au monde hébraïque. L’hypothèse inutile, PARIS, Odile Jacob, 2025, pp. 72-74..

 

Détruit, malaxé, confit, « dégolemisé », me voici sauvé !

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