La SEP comme divertissement
Blaise Pascal a changé ma vie. Son honnêteté radicale, son style, son génie. Par exemple les trois Discours sur la conditions des grands (temps de lecture dix minutes; temps de digestion, une vie) m’ont libéré de la politique1Je suis de fait athée en politique, ou anarchiste à la manière de Jacques Ellul. Cf. Jacques ELLUL, Anarchie et Christianisme, (Coll. La petite vermillon), Éditions de la Table ronde, . Rien que pour cela, éternelle reconnaissance.
Or, au coeur palpitant de sa pensée, il y a un concept inouï : le divertissement. Quoi que l’on fasse, notre condition nous place en situation de nous divertir pour oublier le constat tragique de la mort :
Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste. On jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais.2Voir ICI.
Or, si la maladie oblige à contempler de front cette fin inéluctable, elle va servir de nouveau divertissement pour la fuir. De RV en RV, d’analyses en analyses, de recherches sur internet en réunions de malades, on tourne, on souffre, on s’occupe à être malade. On espère. On désespère. On cause. On écrit des blogs. On les lit.
Pascal n’est pas dupe de cette agitation. Il ne cherche pas à la résoudre contrairement à Nietzsche. Il constate le fait insoluble pour s’en remettre à un autre. Cette joie partagée de la vérité et de la faiblesse est pour moi autrement plus satisfaisante que toutes les bouillies issues du développement personnel.