Dans l’arc-en-ciel des possibles, j’imagine parfois la SEP comme maître spirituel et les symptômes comme exercices.
En grec, exercice se dit askêsis. Cela a donné le mot ascèse. L’exercice est nécessaire au corps pour améliorer ses performances, on le sait. L’analogie vaudrait pour l’esprit et pour l’âme. L’exercice volontaire ou contraint améliorerait les performances de l’esprit et de l’âme. À voir. Mais quel sens donner ici au verbe améliorer ?
Je refuse le meilleur des sociétés ascétiques (l’humiliation du soi). Je crains d’expérience le meilleur des sociétés industrielles (la satisfaction maximale des désirs). Je doute du meilleur des postures utilitaristes (le bien-être optimal). D’ailleurs faut-il un meilleur à rechercher pour vivre? Pourquoi vouloir vivre mieux, au risque de ne plus vivre, et donc de vivre moins bien ? Le maître spirituel SEP m’apprend il à renoncer à l’amélioration ? À l’envisager seulement sous forme d’éclaircie impromptue dans la nuit, de clairière dans la forêt obscure, comme une joie soudaine et passagère, la joie des Anciens, connectée à la vérité ?
La joie âpre, indue et inespérée. Un détail, une lumière, un regard.
La maladie comme maître de la joie, âpre et inespérée.