Grâce offerte, gratos, reçue par inadvertance. En première analyse, appelons cela un hasard bienvenu.
L’écartement idéal des volets blancs laissait passer juste ce qu’il fallait de lumière vespérale, un glacis délicat de rose et de bleu. Le rais se reflétait harmonieusement à travers le bouquet de fleurs et le vase en verre posé sur le piano noir. Au lit, lisant L’histoire de ma vie de Casanova, je surpris ce décor parfait, comme jouait en sourdine Wonderwall (Remastered) d’Oasis (Playlist Rock relax sur mon abonnement Amazon Prime). Porté par l’instant, je songeai à L’éternel retour de Nietzsche. Ces moments-là, sûr, on crèverait pour les retenir. Ils s’en vont pourtant, loin, très loin, au-delà de nos capacités de stockage.
À y bien réfléchir, sans doute est-ce préférable. Plutôt que figer le reste du temps, il y a mieux et plus simple : prendre la stupéfaction comme un tissu qui se déchire et dévoile un monde supérieur. Cet opéra impromptu en était l’indice, because maybe You’re gonna be the one that saves me ?1Noel Gallagher, Wonderwall, 1995. Par cette solution miraculeuse, interstice ouvert sur l’éternité dérobée des enfances colorées, je crus glisser en terre promise.
May be.