Bonne pâte et très honnête, la SEP primaire progressive me semble moins perverse que sa cousine rémittente. Elle ne se cache pas, ne joue pas comme le chat avec la souris, afin d’attendrir la chair par de brefs espoirs d’escapade et te mieux déguster. Amante jalouse, elle t’empoigne, impose son diktat et ne te lâche plus. C’est ainsi l’ami, que tu le veuilles ou pas.
Avec elle, pas de court répit ou d’accalmie soudaine. Un réveil en forme et hop, tu boîtes toute la journée et manques de te ratatiner dans les escaliers. Une soirée insouciante, et paf, une nuit en enfer, avec décharges électriques, douleurs articulaires et crampes sévères. Une petite balade sans anicroches, et pan, le lendemain en chambre, à te traîner, épuisé, vide et alangui. Le rappel à l’ordre est immédiat et permanent. SEP est un garde-chiourme janséniste, intransigeant, implacable et juste. Elle te colle aux basques comme les défenseurs italiens aux temps du catenaccio.
Pas grand chose à faire, mais le tempo demeure calme et régulier. Tout bien considéré, cette vie adagio, sans illusion ni fausse promesse, rend le mal acceptable. Rien de pire qu’une maladie fantasque, imprévisible et aux allures désinvoltes.