Syllogisme

Le syllogisme fascine. Il porte le degré de certitude d’une IRM médullaire, cette certitude qui obsède homo sapiens.

 

Prémisse majeure : la SEP Primaire Progressive est une compagne sûre et fidèle, comme un chien. Sans dissimulation ni traîtrise, elle t’empoigne, te recrute et t’adopte jusqu’à la mort.

 

Dès lors, considérons comme prémisse mineure la remarque du prêtre dans le roman Monsieur Ouine1Georges BERNANOS, Monsieur Ouine, dans Œuvres romanesques complètes suivi de Dialogues des carmélites, (tome II), (« Bibliothèque de la Pléiade »; 606), PARIS, Nrf-Gallimard, 2015. de Georges Bernanos :

Le diable, voyez-vous, c’est l’ami qui ne reste jamais jusqu’au bout.

La conclusion s’impose : si la SEP ne ment pas, ne trompe pas, ne manipule pas, elle ne diabolise pas, mais au contraire symphonise (avec qui ou quoi, That is the question). Inutile donc de nous exorciser ou d’accuser le cornu. Ce serait plutôt le mythe de la bonne santé ad vitam æternam qui nous fait vivre et respirer sous le soleil de Satan. Là, un travail immense serait à entreprendre, avec des sortes d’hôpitaux spirituels pour tous, malades, soignants et bien-portants.

 

Libéré des tentations diaboliques (les voyages en fantasmagories, l’instrumentalisation narcissique, le projet de toute-puissance2Cf. Mt 4, 1-11.), un espace s’ouvre pour une parole partagée et véridique. Mais qui nous croirait ?

1 réflexion sur “Syllogisme”

  1. Pour nos coeurs intranquilles et impatients, comment croire, en effet, à une issue aussi humble que celle de nous reconnaître, tout simplement et dignement à la fois, pour ce que nous sommes ?

    Prendra-t-il le temps de vous écouter, l’homme qui se prétend démiurge ? Il exploite et manipule le vivant comme s’il en était lui-même l’origine, s’octroyant le droit de bidouiller à volonté dans sa chair et la chair du monde. Jusqu’à l’écoeurement. Lorsque, dépassé par le désastre de son action sur Terre, il s’apprête à quitter la place pour un voyage interplanétaire, il s’en remet encore obstinément à lui-même pour trouver ailleurs un salut que la démesure de son orgueil éloigne pourtant toujours plus. Vous écoutera-t-il, l’autocentré à l’ego durci aux feux des caprices d’un quotidien programmé pour satisfaire son envie de tout-tout-de-suite-sans-délai-ici-et-maintenant ? Jusqu’à l’écoeurement. Si l’acheminement est payant, il exige en compensation, selon le credo à la mode, la livraison expresse pour demain dimanche en 24h chrono.

    Et pourtant, comment ne pas vous croire, lorsque l’implacable conclusion de votre syllogisme (non dépourvue d’espièglerie) appelle à ce fol espoir, cette saine folie selon laquelle les « sourds entendront, les muets parleront, les aveugles verront, les boiteux danseront » ? Quelle danse de joie que cette danse-là !
    C’est donc à juste titre que votre logique en appelle à des hôpitaux dont les prescriptions, renouvelables autant que nécessaire et sans effets indésirables, sont farandoles pour coeurs unanimes. Les mieux portants prennent sur leurs épaules ceux dont les forces défaillent, et les kinés concoctent des séances de rééducation pour tous, au rythme d’une vitalité enjouée et partagée.

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