Hier, belle discussion furtive avec une caissière à mitaine au supermarché local. Elle m’explique que la caisse prioritaire n’est pas la plus facile. Certains collègues handicapés s’avèrent particulièrement énervants, par vengeance peut-être, par bêtise souvent. « C’est pas comme vous », qu’elle dit. Je lui signale qu’elle se trompe, qu’en fait je cache bien mon jeu, que je suis parfois une belle enflure. On rigole et je pense qu’elle doit plus s’y entendre sur la nature humaine que la plupart des normaliens agrégés de philo ou que ces clercs qui, bien en chaire, pérorent d’importance.
La misère pathétique de l’humain, elle l’observe tous les jours. Des femmes comme elle, il faudrait les inviter à discourir dans les amphithéâtres ou à prêcher dans nos églises. Mais on écoute encore et encore les semis cadors à faible valeur ajoutée ou les andouilles solennels aux beaux habits.
Après cela, je vais acheter des fleurs, comme toutes les semaines. Repartant, je me dis que les fleuristes du Leclerc sont les plus belles filles du monde. Pourquoi rêver à des top-modèles qui sans doute n’existent pas, ou que je ne croiserai jamais ? La plus belle fille du monde ne peut être que la plus belle fille dans mon monde. Le reste est manipulation et délire.
Double avantage donc de la SEP qui vous scotche au sol : ouverture à la vérité et fin des illusions. Mais comment vivre en paix après la mort du mensonge ?