C’est en lisant les Œuvres anthumes de l’excellent Alphonse Allais que je redécouvre ce mot merveilleux : cacochyme1Alphonse ALLAIS, « Le comble du darwinisme », dans À se tordre, Paul Ollendorff, ; voir ICI..
Alphonse Allais, écrivain génial, meilleur que tous nos derniers prix Goncourt. Imaginez, un auteur qui rend heureux avec mille détails à se tordre. Par exemple, j’ai remarqué hier un délicieux hôtel des trois hémisphères qui m’a fait rire toute la journée. Ou encore, ce curieux tire-bouchon mû par la force des marées. Un génie vous dis-je.
Mais revenons à notre cacochyme, c’est-à-dire à moi très précisément. En effet, la définition savante dit : « D’une constitution détériorée et débile »2Littré; ICI.. Mais cacochyme, avouez, c’est tellement mieux. Mieux que valétudinaire, trop solennel, ou égrotant, faible et toussoteux. Peut-être aussi parce que cacochyme me fait penser à phacochère, je ne sais pas pourquoi. Je vois donc des cochons qui grognent et cela me met en joie. J’aime bien les cochons.
Désormais, lorsqu’on me demandera bêtement :
Comment ça va ?
je répondrai :
Tout cacochyme.
Et je partirai en grognant, sans plus d’explication.
Ils penseront :
Le pauvre, il délire.
Ils n’auront pas tort. C’est aussi le sens figuré de cacochyme.
Alors… comment ça va ?!