La SEP m’empêche de célébrer l’eucharistie de manière habituelle. J’ai donc créé un rite extraordinaire, un rite gallico–sépien. C’est légal et à la plutôt mode chez les jeunes générations Tiktok. Messe très basse, lecture lente et erratique, gestes maladroits, célébration à mon rythme, avec parfois de longues pauses. Je réserve l’édition typique de ce nouveau missel pour les plus grand chose1En grec elakistos, clef du salut en Mt 25, 40.45..
Ces contraintes incompressibles obligent le plus souvent à célébrer seul. Il ne s’agit donc plus de prier pour ou avec les malades, mais de célébrer malade. Ce point change tout. Il est insupportable pour quelques uns.
De même, la célébration du Bréviaire emprunte d’abord à la temporalité de la maladie, des soins et des contraintes médicamenteuses. Je privilégie donc les petites heures, plus courtes, tierce, sexte, none. Je puis m’endormir sur une oraison et terminer l’office au lit. Parfois, le psaume dit précisément ce qu’il se passe. Couché, je suis dans la position décrite par le psalmiste. J’atteins alors une forme de perfection pragmatique par le secret, la solitude et la défaite.
Certes, on pourrait spiritualiser cette situation à loisir. Je laisse ce point à certains âmes pieuses, peu avares de saintes considérations pour les autres. J’y vois plus simplement une adaptation à l’état concret, une liturgie du réel, incarnée jusqu’à la moelle substantifique, qui opère sa décroissance symbolique par obligation. Sa seule mystique sera : je fais ce que je peux.
Allez le croire, mais au fin fond de mon trou sacramentel, j’entrevis parfois une petite lumière très intense !