La SEP amoureuse invite le sépien au festin véritable, car elle impose de ne plus prendre la vie de haut. Cela se traduit avantageusement pour le chrétien, convoqué à rejoindre Dieu au niveau salvateur, lui si bas1Christian BOBIN, Le Très-Bas, Paris, Gallimard, 1992.. Ainsi réunis en ce niveau zéro, les cœurs de l’un et de l’autre s’ouvrent à une joie partagée.
Cette dégringolade implacable s’harmonise avec le travail de lecture des textes bibliques au ras des mots. De cette épreuve patiente au rez-de-chaussée, on découvre que le blanc entre chaque lettre travaille comme le ver de terre nourrit et aère les sols. Ce vide salvateur prépare l’humus de la parole à la récolte des sens.
La terre, parlons-en ! L’ermitage carcéral de mon existence recluse reste soutenable à la mesure du jardin qui occupe aussi mes journées. J’en apprends la grammaire et les paraboles. Par exemple ceci. À genoux par obligation, le compostage de mes ambitions fabrique lentement une terre noire, riche, lourde, une matière de décomposition du moi haïssable qui nourrira les futures semailles. Y pousseront peut-être des graines inconnues, portées par le vent.
En bas, donc, la vie étroite s’harmonise sans grand effort. Ceux d’en-haut n’en savent rien. Ils ne le voient plus, n’y croient pas et ne s’en soucient guère. Ils flottent, gesticulent, hurlent et n’aiment pas qu’on leur échappe.
Mais nous, désormais si minuscules, nous traversons tous leurs filets.