Ulysse ne fait pas seulement retour a casa sua. Il quitte le temps des guerres et des exploits, il abandonne les amours divines d’avec Calypso comme les illusions d’apothéose des héros, pour choisir l’exil au lieu ordinaire d’une humanité redevenue banalement humaine1Voir, par exemple, Pierre JUDET de la COMBE, Homère, (coll. « folio / biographie »; 143), PARIS, Gallimard, 2017..
En cela, il est bien le plus rusé d’entre les siens, refusant de faire l’ange ou la bête. Entendez, vivant son époque, dans un réel non fantasmé, à hauteur d’homme.
On regardera désormais les temps anciens avec nostalgie comme des épopées révolues. Et tout se terminera ici, le chant lui-même, au palais des ancêtres et du devoir, dans les bras de la légitime devenue bien vieille et dans la chambre des nuptialités juvéniles sans doute un peu éteintes.
La chambre, lieu humain s’il en est, lieu de la lecture et de l’amour, de la naissance, des rêves et de la mort. Lieu aussi où nous convoque la maladie, ou ce que l’on nomme ainsi par convention.
Dans certaines odyssées, dit-on, Ulysse, lassé, repart. Cet envol a le goût du défi et de la folie. Mais Sep, ma déesse, me l’interdit. Pour moi, la guerre de Troie a bien eu lieu. Hector et Achille sont morts. Ulysse vieillit à Ithaque, comblé de jours et des jolies tapisseries de Pénélope.
Je demeurerait donc obstinément homérique, ilien, réduit, périphérique. Ulyssep.