En ce dimanche (Lc 17, 11-19; 28 TO année C), Jésus navigue au cœur des zones périphériques, Samarie au passé hérésiarque, Galilée au sang mêlé. Aux portes d’un village inconnu, il rencontre dix hommes lépreux. Ils forment un compte juste qui fait unité. Ils parlent et agissent ensemble, unis par leur impureté tant physique, morale que religieuse.
Après une demande collective, ils obéissent à la procédure proposée, signe de confiance (mais que risquent-ils ?). Miracle ! La purification (gr. katharidsô) s’opère sur la route vers le Temple. Mais, là, le groupe se divise. Les anciennes distinctions réapparaissent. Le goupe de 9 disparaît du récit christocentré. Sans doute vont-t-ils ailleurs afin de finaliser le process en se montrant aux prêtres, à Jérusalem. Le dernier, l’unique par défaut, fait retour. Il constate simplement qu’il est guéri (gr. iaomai). De fait, que lui importe la purification, rite de réintégration dans la communauté juive, puisqu’il redevient ce qu’il était avant pour les autres, un étranger, un Samaritain.
Cependant, cette exclusion que seul le malheur avait dépassé est devenue une chance. Elle permet deux choses : glorifier Dieu sur le chemin et rendre grâces (gr. eucharisteô) en tombant aux pieds de Jésus, source inespérée d’une connexion joyeuse avec le céleste. Jésus, lui, ne retient que la gloire rendue à Dieu et constate en guise d’eucharistie un salut en action. Non plus la santé seulement et la réintégration sociale, mais bien un salut total (sôidzô), sommet de l’évangile et signe de la présence du Royaume.
1 sur 10, soit la dîme. Jésus reçoit ici la dîme de son action thaumaturgique. Celle-ci prend la forme du salut d’un étranger, soit un homme libéré des contraintes nationales, des fantasmes d’appartenances et des obligations rituelles. À travers cet exemple qui bouscule, Luc offre une nouvelle catéchèse sur la forme révolutionnaire de l’eucharistie.

3ème paragraphe : rendre grâce / rendre gloire.
Si je comprends bien :
le nom « grâce » étant associé au mot « action », c’est de ce que fait Dieu que nous rendons grâce.
; en conséquence, nous rendons gloire plutôt de ce qu’est Dieu ?
Est-ce cela ou ai-je encore compris de travers ?