En ce dimanche (12 TO année A), nous continuons à méditer les instructions de Jésus données aux douze apôtres (voir l’évangile précédent ICI).
Le ton est à l’analyse. Il s’agit d’abord de ne pas craindre. Le verbe utilisé avec insistance est phobéô. Il désigne un mouvement émotionnel qui trouble à l’excès, paralyse et appelle à la fuite devant l’opportunité. Il ne faut pas confondre cette attitude négative qui empêche avec la peur bonne conseillère, celle qui avertit des dangers, protège et invite à la réflexion.
Cette promesse de réassurance se connecte à la valeur, exprimée avec le verbe diaphèrô. Ce dernier porte l’idée d’un portage ou d’un déplacement (dia/phérô). La valeur consiste donc en un transport de l’apôtre d’un ensemble connu (le corps, les soucis du monde, les ombres cryptées du secret) vers un autre (l’âme, le royaume, la clarté lumineuse de la parole confessée).
Le transporteur est celui qui parle, le médiateur d’entre le Père et ses interlocuteurs. Nouant en lui deux relations irréfragables (le père et le fils / Jésus et ses apôtres), le Christ institue, calibre et active. La vie de disciple n’est donc pas un vague déisme moralisé par l’évangile. La condition apostolique se déploie avant tout dans cette relation existentielle avec l’Envoyé du Père.
Croire en Dieu n’est pas suffisant. Réciter un credo non plus. Il convient avant tout de confesser activement le Fils de l’humain par toutes ses figures d’identification : le pauvre, l’humilié, le malade, les tout-petits. Á l’approche de ce mystère qui désoriente, surprises à venir !
