À l’heure des grands projets et belles parades, l’évangile de ce dimanche (23 TO année A) nous ramène à l’essentiel mathématique, appris au cours primaire.
L’arithmétique évangélique travaille avec le fondamental : « seul à seul », « une ou deux », « deux ou trois », jauge modulable reprise deux fois. Quant à l’assemblée (ekklesia), si elle est citée, elle n’a pas de nombre. Elle se présente plutôt comme une personne vivante. La parole du Christ s’adresse donc ici à des personnes en relation et en écoute, pas à des foules informelles en fusion ou long monologue. Pas d’effet de masse et de réconfort grégaire, au contraire. La légèreté radicale du dispositif crée une exigence spirituelle directe, plus rude, qui gagne à mesure où elle bénéficie à l’autre dysfonctionnel, clairement identifié.
Passons à la géométrie. Elle définit un segment (deux) ou une figure (au moins trois) et considère alors leurs centres indisponibles, réservés à Jésus et lui seul, soudain présent par la seule symphonie des cœurs. Véritable ascenseur vers le Père, le lien horizontal a suscité en lui-même un lien vertical, médiatisé par le surgissement résurrectionnel et intégral du Fils. L’invention inédite de cette nouvelle dimension porte la joie sereine et la force libératrice du salut.
Prions ainsi pour que la parole du pape, par sa douceur et sa tranquillité, nous libère des fausses tentations (« Nous sommes (encore) légion »), mais nous oriente vers cette simplicité déroutante et infinie.
