Le pain de vie (Jn 6, 37-40)

L’évangile de ce dimanche (Jn 6, 37-40) est extrait au forceps d’un ensemble extrêmement construit. Jésus revient à la synagogue de CAPHARNAÜM (cf. 6, 59). Interrogé sur le récent événement des pains partagés (6, 1-14), il en propose une catéchèse d’une ampleur extraordinaire. La tradition nomme souvent ce passage le discours du pain de vie.

 

En effet, Jésus considère l’expérience vécue comme le signe et l’invitation à une expérience supérieure et définitive de vie (gr. dsoè) éternelle (gr. aiônios) attachée à sa personne. Pour cela, il file à différents niveaux mêlés la figure alimentaire du pain. D’abord, il rappelle la manne exodale et l’épisode mosaïque. Ensuite, il cite le pain du ciel et le pain de vie. Enfin, il évoque sa propre chair (pain) et sang (vin). L’ensemble synthétise donc de manière complexe l’histoire sainte (manne), l’événement évangélique (prédications, miracles, Passion) et la vie ecclésiale (sacrement eucharistique).

 

À juste titre, les auditeurs considèreront cette harmonique inattendue comme « dure » (gr. sklèros). Or, en grec, l’adjectif signifie aussi violent, voire injurieux, en cela inacceptable. De fait, elle oblige à une décision éprouvante. Ce sera pour certains refus et départ (cf. 6, 66 ; le chiffre de la Bête !), pour d’autres remise de soi. Elle invite ainsi Pierre à une expression radicale :

« À qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » (6, 68)

Notre passage participe à cette lente monstration. Il insiste particulièrement sur le thème de la volonté (gr. thelèma) du Père. Celle-ci entraîne une soudaine mise en mouvement, centrée sur la figure du Fils. Ce dernier la réalise par une descente (dimension verticale) et une réorientation centripète de l’enjeu spirituel (dimension horizontale). Dans ces deux dimensions, l’obéissance est totale. Si le Fils consent à l’envoi, il attire à lui ceux qui lui sont donnés par le Père, personnages ou lecteurs. En amont comme en aval, la volonté du Père est à l’œuvre.

 

Or, cette volonté consiste précisément en un avoir, la vie éternelle. Celle-ci suppose une action médiatrice du fils, un « ressusciter » (verbe anistemi = se lever) au dernier jour. Insistons. La résurrection n’est pas une chose acquise, mais un acte donné et reçu. Le thème apparaît ici pour la première fois dans l’évangile. Il s’exprimera toujours chez Jean par un verbe, six fois au futur et une fois au passé (aoriste = 20, 9), concernant Jésus lui-même. Autrement dit, le disciple croit en sa résurrection à venir sur la seule base de la résurrection de Jésus, fruit de son obéissance à la volonté du Père.

 

Ainsi, seule une confiance simple et entière sera en mesure de réaliser la démesure de la promesse. Désormais, le disciple vit d’éternité partagée comme sa vie terrestre dépendait de la nourriture reçue chaque jour. Il entre dans la vie nouvelle par sa connexion indéfectible avec le Fils, lui qui se reçoit éternellement du Père.

La dîme du lépreux (Lc 17, 11-19)

En ce dimanche (Lc 17, 11-19; 28 TO année C), Jésus navigue au cœur des zones périphériques, Samarie au passé hérésiarque, Galilée au sang mêlé. Aux portes d’un village inconnu, il rencontre dix hommes lépreux. Ils forment un compte juste qui fait unité. Ils parlent et agissent ensemble, unis par leur impureté tant physique, morale que religieuse.

 

Après une demande collective, ils obéissent à la procédure proposée, signe de confiance (mais que risquent-ils ?). Miracle ! La purification (gr. katharidsô) s’opère sur la route vers le Temple. Mais, là, le groupe se divise. Les anciennes distinctions réapparaissent. Le goupe de 9 disparaît du récit christocentré. Sans doute vont-t-ils ailleurs afin de finaliser le process en se montrant aux prêtres, à Jérusalem. Le dernier, l’unique par défaut, fait retour. Il constate simplement qu’il est guéri (gr. iaomai). De fait, que lui importe la purification, rite de réintégration dans la communauté juive, puisqu’il redevient ce qu’il était avant pour les autres, un étranger, un Samaritain.

 

Cependant, cette exclusion que seul le malheur avait dépassé est devenue une chance. Elle permet deux choses : glorifier Dieu sur le chemin et rendre grâces (gr. eucharisteô) en tombant aux pieds de Jésus, source inespérée d’une connexion joyeuse avec le céleste. Jésus, lui, ne retient que la gloire rendue à Dieu et constate en guise d’eucharistie un salut en action. Non plus la santé seulement et la réintégration sociale, mais bien un salut total (sôidzô), sommet de l’évangile et signe de la présence du Royaume.

 

1 sur 10, soit la dîme. Jésus reçoit ici la dîme de son action thaumaturgique. Celle-ci prend la forme du salut d’un étranger, soit un homme libéré des contraintes nationales, des fantasmes d’appartenances et des obligations rituelles. À travers cet exemple qui bouscule, Luc offre une nouvelle catéchèse sur la forme révolutionnaire de l’eucharistie.

Cours d’hébreu

Pour mieux goûter l’Ancien Testament, il est indispensable de maîtriser quelques éléments d’hébreu. Cette langue aux richesses étonnantes ouvre les coeurs aux trésors de la pensée biblique.

 

C’est pourquoi, la Maison Tabga propose une rencontre mensuelle pour les hébraïsants. Désormais, l’étude sera divisée en deux groupes, les débutants (cours assuré Mr FERRANDON) et les personnes confirmées (cours assuré par Mme GODDE).

 

Les matinées s’organiseront comme suit:

  1. 9h  : cours par niveau ;
  2. 10h : cours commun sur un sujet transversal aux deux niveaux ;
  3. 11h ; conférence ouverte à tous en lien avec la Bible et le judaïsme.

À l’occasion, la recontre se clôt par un repas tiré du sac.

 

Les cours sont regroupés un samedi par mois pour permettre d’accueillir des gens qui viennent de plus loin. Merci de faire connaître autour de vous cette proposition.

 

Le nombre de places est limité. Pour s’inscrire, merci de bien vouloir compléter le formulaire de contact (ICI).

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