Le point et l’infini

La SEP opère un double mouvement mystique, concomitant et opposé. Elle réduit lentement au point et ouvre à l’infini. Plus précisément, elle ouvre à l’infini en réduisant au point. Ainsi rabougrie au ponctuel, l’existence conçoit l’énormité délirante de l’univers. La raison vaincue comprend alors qu’elle ne peut saisir cette immensité, comme croire y échapper dans un néant de pacotille.

 

Quand l’horizon de nos délires s’efface, la ligne de vie se précise. Elle se courbe et s’écrase vers le silence et la mort. Le monde et ses extases échappent. Difficile dès lors de discerner si la vérité est triste ou joyeuse. On comprend plus simplement que la vérité est inexorable. Ce choc vous bouleverse comme les eaux des origines vous envahissent. Submergés, âme et corps font lentement retour au tohu bohu, aux maëlstroms des possibles.

 

Planant un instant sur la face de l’abysse ténébreuse, ce dernier remuement à la face des eaux espère encore une parole d’illumination. Mais vite il s’épuise et tombe pour toujours.

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