La fin de l’exil

Inconsolables, nous le sommes par essence et le devenons par expérience, à mesure où se réduit l’exil, entendez la distance entre soi et la vérité :

[…] Rien ne peut nous consoler lorsque nous y pensons de près.1Blaise PASCAL, Pensées, 136 (L) ; Voir ICI.

De fait, la SEP abolit l’écart que j’avais tendu à grande force, par le masque des divertissements et le carnaval des grotesques. Le nez sur le réel, sans échappatoire, les éléments qui menacent apparaissent d’évidence. Loin de l’écho fade des farandoles, fifres et tambourins, il pleut doucement l’indifférence du monde dans l’âme sans oubli, non pas de la mort, – la belle affaire !, mais de constater ce trou effrayant au cœur de l’existence.

 

Inconsolable donc, mais pas inconsolé. Consolé car plaqué de force, par IRM, dans cet inconsolable, en-deçà de toutes les consolations humaines : fidéismes, déismes, panthéismes, athéismes, etc. L’épreuve décisive ne survient que par mégarde, au détour du chemin, au jardin, par la rose, lumière entr’aperçue, visage de femme à peine croisée. Elle marque au fer et flétrit la chair dans l’ordre de l’absolu. Ceci fait, retour désolé au divertissement. Comment vivre autrement ? Mais au plus loin de soi, désormais, un autre a pris la charge du soin. Il a suffit d’un coup de grâce.

 

Que n’ai-je à me soucier aujourd’hui de mes fautes et défauts ? Comme je sais devoir être totalement anéanti, processus en cours, je sais tout autant être déjà sauvé, processus achevé.

 

Douce maladie, tendre composteur, fumier de Job, cesse tes airs farouches et viens dans mes bras !

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