Ce dimanche (3TO, année A), évangile bien connu. Enfiévré et toussoteux, le repos forcé en chambre du commentateur contraste avec le grand air maritime de cet envol évangélique le long de la mer.
Relisant, un mot m’étonne. Il s’agit du redoublement de l’objet de la guérison finale. Jésus guérit (gr. therapeuô) toute maladie (nosos) parmi le peuple (laos), termes classiques. Mais il guérit aussi et dans un même mouvement toute « infirmité » (malakia).
Le nom malakos est l’antonyme de karteros. Il signifie douceur, gentillesse, mais aussi, par excès, facilité, mollesse ou faiblesse. En grec moderne, il a pris le sens familier de bêtise et une acception très vulgaire (disons connerie), non sans sous-entendus libidineux que les traducteurs rendent parfois dans le NT par « efféminés » (Cf. 1 Co 6, 9).
De quoi s’agit-il alors ? Que guérit Jésus ici ? Moins des maux physiques semble-t-il, qu’une attitude d’excessive langueur ou d’acédie mortifère. Cet état létargique provoquerait l’absence dirimante d’énergie existentielle et de constance, élements essentiels pour faire confiance au surgissement d’une annonce aussi provocatrice. Peut-on alors traduire ainsi :
Ressaisissez-vous, redressez-vous, le royaume est proche, près de vous, pour vous. Ne soyez plus spectateurs, couards, avachis, aliénés, soumis, devenez acteurs de l’alliance nouvelle ?
Un peu long certes, mais cette attitude encouragée semble nécessaire pour s’ouvrir à la nouveauté vitale de l’évangile et à la force soudaine de la vie dans l’esprit.
