Fontaine de sens (Jn 4)

L’évangile de ce dimanche (Carême 3, année A) est un sommet de l’évangile, ou plutôt un texte-monde, fontaine jaillissante de sens à la richesse infinie1Par exemple, cette analyse du récit sous forme théâtrale (lieu, temps, personnages); ICI..

 

L’épisode suit la rencontre nocturne avec Nicodème (Jn 3) comme le jour succède à la nuit. Il y eut un soir, il y eut un matin. Au partage de midi, dans un coin perdu et pourtant bien connu, le puits de Sychar, une femme fatiguée par un quotidien répétitif et insatisfaisant fait alliance avec un messie altéré, seul et épuisé par la route. Et pour la seule fois, au croisement improbable de ces deux lassitudes, en équilibre entre le sol et la profondeur, à la margelle, Jésus dira ce qu’il est.

 

Aujourd’hui, je remarque plutôt la fin du texte (la scène 4 du commentaire). Comme d’habitude, les disciples, obsédés par l’impératif des nourritures terrestres, passent à côté de l’événement. Ils disparaissent bientôt du récit, non sans avoir été invités à partager plus tard la tâche et la fatigue.

 

Reste alors une apothéose du salut en forme de réussite par la confiance, à la parole de la femme d’abord, à la parole de Jésus ensuite. Car l’hospitalité a rendu possible le colloque direct, son intériorisation sans intermédiaire, ce que Jean appelle la demeure.

 

Par cette double demeure, du divin en soi, de soi dans le divin, l’adoration se vit alors en esprit et vérité, salut désormais agissant au plus intime et au plus quotidien.

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