Passion du partage (Mt 14, 13-21)
L’évangile de ce dimanche (18 TO, année A) est bien connu des habitués de la Maison tabga, qui lui doit son nom. En effet, l’épisode du partage des pains est localisé par la tradition au lieu-dit Tabga, au nord du lac de Tibériade. Quoi qu’il en soit, il a motivé la création de cette proposition d’espace spirituel. Elle est structurée autour d’une idée simple, jaillie à la lecture de ce texte : selon l’évangile, la richesse ne provient pas de la multiplication mais du partage. Autrement dit, il y a suffisamment. Il n’est pas nécessaire de produire toujours plus, au risque évident de la surchauffe.
Inutile d’appuyer le trait en ces heures étouffantes de canicules à répétition.
Texte lu donc, relu et rerelu, et pourtant toujours nouveau. C’est ainsi, que je remarque aujourd’hui pour la première fois que ce repas partagé est un repas de deuil. Le deuil de Jean, deuil traumatique et impossible tant la foule importune impose de suite l’action salvifique.
Ce trait renforce la forme eucharistique du procédé. La richesse partagée, infinie, se nourrit du sacrifice à venir du fils. Ce point renforce l’insistance sur les douze paniers, référence évidente aux Douze. Ils deviennent ainsi les successeurs de celui qui entrevoit dès à présent devoir partager le destin tragique de Jean.
